Bill Clinton et son épouse Hillary ont tous deux fait front contre les dernières accusations prêtant au président une liaison avec une jeune stagiaire de la Maison-Blanche, qui aurait subi des pressions pour ne rien révéler de l’affaire, même sous serment. Le président américain, déjà éclaboussé par de nombreux scandales, a nié avec colère les allégations des médias. «Les allégations que j’ai lues ne sont pas vraies», a affirmé M. Clinton dans une interview à la chaîne américaine PBS. «Je n’ai demandé à personne d’aller dire quelque chose qui ne soit pas vrai». Le président a nié l’existence d’une affaire avec cette ancienne stagiaire Monica Lewinsky, qui a commencé à travailler à la Maison-Blanche à 21 ans en 1995, mais en employant à chaque fois le temps présent. «Il n’y a pas de relation sexuelle — une relation sexuelle inappropriée — ou aucune autre relation inappropriée d’aucun type», a-t-il dit. Le président Clinton a encore indiqué qu’il ne voyait rien qui puisse servir de fondements aux révélations explosives qui ont fait surface mercredi dans la presse américaine. «Tout ce que je sais, je l’ai lu. Je coopérerai avec l’enquête», a déclaré M. Clinton. «Je n’ai demandé à personne de dire quoi que ce soit d’autre que la vérité. Il n’y a pas de relation indécente. Et j’ai l’intention de coopérer avec cette enquête», a-t-il déclaré. Pressé de préciser ses propos, Bill Clinton a poursuivi: «Eh bien, je pense que vous savez ce que cela signifie. Cela signifie qu’il n’y a pas eu relation sexuelle, relation sexuelle indécente ou toute autre sorte de relation indécente.» M. Clinton n’a pas toutefois nié avoir parlé à Monica Lewinsky. Lors d’une deuxième interview accordée dans la journée, à la radio NPR, M. Clinton s’est contenté de dire qu’«au vu de l’état de l’enquête, il serait inapproprié pour moi d’en dire plus». Contacts avec Richardson Interviewée par la presse dans le train qui la ramenait de Baltimore — où elle avait prononcé une allocution à l’université —, Hillary Clinton a par ailleurs pris la défense de son mari, selon elle victime d’une cabale montée par ses adversaires politiques. «Je suis évidemment convaincue que (ces accusations) sont fausses. Absolument, a-t-elle dit. Je suis convaincue qu’il s’agit d’une poursuite des accusations politiques et attaques auxquelles mon mari est en butte depuis cinq ou six ans». L’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU lui-même, Bill Richardson, a dû donner à la presse des précisions sur l’affaire. Son porte-parole a indiqué qu’il avait eu en octobre un entretien avec Monica Lewinsky, la jeune femme par qui le scandale est arrivé, et lui avait proposé un poste subalterne à la mission américaine auprès des Nations Unies. Finalement, la principale intéressée a décliné cette offre en préférant s’orienter vers le secteur privé. Bill Richardson a fait savoir que sa proposition se fondait uniquement «sur les qualifications, initiatives et réputation de travailleuse acharnée» de la candidate. Ce nouveau scandale pourrait avoir de graves conséquences pour le président américain, car les allégations comportent des accusations criminelles commises à la Maison-Blanche et susceptibles d’entraîner, si elles étaient avérées, une procédure de destitution. «La destitution pourrait très bien être une option», a déclaré le président de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, le républicain Henry Hyde, lors d’un entretien accordé à la chaîne CNN, si les faits s’avéraient. Dans la matinée, la Maison-Blanche avait diffusé un communiqué affirmant que le président était «scandalisé par ces allégations». Interrogé sur NPR un peu plus tard pour savoir s’il était «furieux» de ces allégations, M. Clinton a répondu: «Je l’étais». «Tout ce qui représente une distraction, me déplait», a-t-il ajouté, soulignant qu’il tentait actuellement de sauver le processus de paix au Proche-Orient. Ces révélations interviennent alors que le président américain a témoigné samedi sous serment dans l’affaire Paula Jones. Cette ex-employée de l’Etat de l’Arkansas accuse M. Clinton, alors gouverneur, de l’avoir convoquée en 1991 dans une chambre d’hôtel pour lui demander des faveurs sexuelles. L’affaire, qui a créé une véritable onde de choc à la Maison-Blanche, est partie de révélations de presse affirmant que le procureur Kenneth Starr était en possession, d’enregistrements de conversations entre Monica Lewinsky et une ancienne employée de la Maison-Blanche, Linda Tripp, qui travaille actuellement au Pentagone. La chaîne CNN a fait état de 17 cassettes, enregistrées apparemment à l’insu de Monica Lewinsky. Dans celles-ci, elle y raconterait de manière explicite sa liaison avec M. Clinton et le fait qu’il lui aurait recommandé de mentir. Elle a toutefois déposé sous serment le 7 janvier dans l’affaire Paula Jones niant les faits. Les quotidiens «Washington Post» et «Los Angeles Times» ont rapporté que la jeune femme aurait paniqué en décembre en recevant une convocation pour témoigner dans l’affaire Paula Jones. Elle aurait alors joint M. Clinton au téléphone et celui-ci lui aurait conseillé de ne pas se faire de souci et de démentir toute allégation de liaison entre eux deux. Le président aurait ajouté que l’un de ses conseillers extérieurs et vieil ami, l’avocat Vernon Jordan, l’aiderait à mettre au point son témoignage. L’avocat de Monica Lewinsky s’est dit «inquiet» d’une éventuelle inculpation de sa cliente, qui pourrait être appelée à témoigner devant une Chambre d’accusation. Mais, selon CBS, cette dernière aurait décidé de ne pas témoigner à nouveau invoquant son droit constitutionnel. (AFP, Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Bill Clinton et son épouse Hillary ont tous deux fait front contre les dernières accusations prêtant au président une liaison avec une jeune stagiaire de la Maison-Blanche, qui aurait subi des pressions pour ne rien révéler de l’affaire, même sous serment. Le président américain, déjà éclaboussé par de nombreux scandales, a nié avec colère les allégations des médias. «Les allégations que j’ai lues ne sont pas vraies», a affirmé M. Clinton dans une interview à la chaîne américaine PBS. «Je n’ai demandé à personne d’aller dire quelque chose qui ne soit pas vrai». Le président a nié l’existence d’une affaire avec cette ancienne stagiaire Monica Lewinsky, qui a commencé à travailler à la Maison-Blanche à 21 ans en 1995, mais en employant à chaque fois le temps présent. «Il n’y a pas de...