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Actualités - Chronologie

Berlin veut oublier ses néo-nazis pour attirer les ambassades

A l’approche de la grande transhumance gouvernementale de Bonn à Berlin en 1999, le Land de Brandebourg, qui ceinture la capitale, tente de gommer son image désastreuse de foyer de violence xénophobe pour attirer diplomates et ambassades. Pas une semaine ne s’écoule sans que soit signalée une agression contre des étrangers. Pour l’instant, ce sont surtout des employés de chantiers britanniques, des commerçants vietnamiens ou des restaurateurs grecs qui font les frais des attaques de skinheads ou autres néo-nazis. Mais, les diplomates ne sont pas à l’abri non plus, comme en témoigne ce collaborateur de l’ambassade de Mongolie à Berlin, qui juge peu sûr pour lui et ses compatriotes de voyager en métro. Sa femme et ses enfants s’y sont déjà fait prendre à parti en termes violents. «Si les contrôles étaient mieux faits dans les stations, cela serait peut-être évitable», juge-t-il. Or, l’arrivée de représentations diplomatiques étrangères signifie un surplus de prestige et une manne potentielle non négligeable pour les communes d’accueil. Il n’est «tout bonnement pas possible qu’il faille mettre en garde les diplomates et leurs familles quant aux déplacements par les transports en commun dans les environs de la capitale», s’est émue cette semaine la chargée de mission gouvernementale pour les étrangers, Cornelia Schmalz-Jacobsen. Dans le Brandebourg, où sont recensés plus de 500 extrémistes de droite prêts à la violence, la xénophobie est «un facteur d’implantation négatif», reconnaît le chef du protocole de la chancellerie de Potsdam, Martin Loer. «Les diplomates africains risquent de rencontrer des problèmes s’ils se déplacent dans des quartiers socialement explosifs», où ils «ne rencontreront pas que de la sympathie», précise-t-il. Troupe spéciale Mais le Land a décidé de lutter contre la délinquance, en flanquant par exemple sa police d’une troupe d’intervention spéciale. Les contrôles vont être renforcés, les délits xénophobes poursuivis, pour créer un «climat de tolérance et de solidarité», a ainsi promis le chef du gouvernement du Brandebourg, Manfred Stolpe (SPD, social-démocrate), en présentant ses vœux aux diplomates. C’est qu’il y a près de 8.000 employés d’ambassades à séduire, aujourd’hui installés sur les rives douillettes du Rhin, pour les convaincre d’élire domicile fin 1999 dans la banlieue de Berlin. Si un certain nombre d’ambassades ont d’ores et déjà choisi de s’établir au cœur même de la capitale, dans l’ancien quartier diplomatique du Tiergarten, les responsables du Brandebourg font miroiter aux autres les multiples avantages de leur Land. Une société de développement a été mise sur pied, chargée de sélectionner des propositions d’implantation pour les entreprises et les ambassades. Et des délégations de diplomates, en visite prospective à Potsdam, se voient assurer par le chef de la police qu’elles peuvent «être tout à fait tranquilles» lorsque le thème de la violence xénophobe arrive immanquablement sur le tapis. Pour le moment, seule l’ambassade du Venezuela a décidé de s’installer à Potsdam, même si le chef de sa représentation berlinoise, Redescal Lopez Masso, est conscient du problème. Il confie en termes diplomatiques qu’il ne «conseillerait pas vraiment à ses collaborateurs d’aller faire leurs courses à Marzahn», un quartier populaire de Berlin. Un souci partagé par d’autres ambassades: la représentation grecque, qui a opté pour le Tiergarten, explique que pour les employés de l’ambassade, on cherchera «des quartiers sélectionnés, sans forte criminalité ni extrême-droite». (AFP)
A l’approche de la grande transhumance gouvernementale de Bonn à Berlin en 1999, le Land de Brandebourg, qui ceinture la capitale, tente de gommer son image désastreuse de foyer de violence xénophobe pour attirer diplomates et ambassades. Pas une semaine ne s’écoule sans que soit signalée une agression contre des étrangers. Pour l’instant, ce sont surtout des employés de chantiers britanniques, des commerçants vietnamiens ou des restaurateurs grecs qui font les frais des attaques de skinheads ou autres néo-nazis. Mais, les diplomates ne sont pas à l’abri non plus, comme en témoigne ce collaborateur de l’ambassade de Mongolie à Berlin, qui juge peu sûr pour lui et ses compatriotes de voyager en métro. Sa femme et ses enfants s’y sont déjà fait prendre à parti en termes violents. «Si les contrôles étaient...