Zimbabwe : deuxième jour d'émeutes et de pillages à Harare
le 21 janvier 1998 à 00h00
«Un entrepôt de pain a été pillé à Béatrice Road (sud)», «ils lancent des pierres à Chitungwiza et pillent à Mbare (sud)». Colportées de bureau en bureau, les nouvelles d’une deuxième journée d’émeutes ont vidé en moins d’une heure les rues du centre de Harare. Les immeubles sont fermés à l’aide de cadenas, les magasins ont baissé leur rideau de fer et les chantiers ont été désertés. Jamais depuis l’indépendance du pays en 1980 le pays n’avait connu des émeutes aussi violentes. Dans les banlieues populaires de Mbare, Tafara et Mabvuku, et dans le secteur de la zone industrielle, les écoles ont renvoyé les enfants chez eux de peur qu’ils ne soit bloqués par les émeutiers. Dans certains quartiers comme Highfield (sud), les pillages se sont poursuivis toute la nuit obligeant les habitants à se barricader chez eux. Mardi matin un hélicoptère de l’armée a survolé pendant une heure la capitale pour tenter de repérer les déplacements des manifestants. L’incident le plus grave s’est produit près de Mbare où le plus grand entrepôt de pain du Zimbabwe a été attaqué par une centaine de jeunes qui, selon un journaliste sur place, ont également fracassé plusieurs vitres d’ateliers situés dans la zone industrielle. La police anti-émeutes utilise des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants qui se regroupent plus loin pour attaquer véhicules et magasins. Parfois, les manifestants se réfugient dans les maisons de particuliers comme à St Martin sur la route de l’aéroport. «Des dizaines de jeunes sont entrés chez moi pour fuir la police au moment où je sortais de la maison. Mes enfants hurlaient de peur», a raconté un habitant du quartier. Selon lui, la police tire des grenades lacrymogènes sur tout groupe de trois personnes ou plus. Sadza Lundi, trois personnes au moins ont été blessées par balles par la police et les dégâts dans les secteurs commerciaux des banlieues sont très importants. Des dizaines de véhicules particuliers ont eu leurs vitres brisées et quelques-uns ont été incendiés. Dans les banlieues sud et est, les émeutiers ont dressé des barricades, incendiées à l’arrivée de la police. Les manifestants affirment vouloir poursuivre leur mouvement pendant trois à six jours jusqu’à ce que le gouvernement décide d’annuler les hausses de produits de première nécessité. Pour tenter de calmer les esprits, le gouvernement avait demandé lundi aux industriels d’annuler la hausse de 21 pour cent du prix de la farine de maïs qui sert à la confection de la «sadza» (bouillie de maïs) aliment de base de la population. Considéré jusqu’ici comme l’un des pays les plus stables d’Afrique, peu agité par des crises sociales, le Zimbabwe est plongé depuis décembre dans un climat de crise sans précédent. La Confédération des syndicats zimbabwéens (ZCTU) avait organisé une immense manifestation en décembre pour protester contre de nouveaux impôts destinés à financer les pensions des anciens combattants de la guerre d’indépendance. La manifestation avait été violemment réprimée, mais, devant son ampleur, le gouvernement avait dû faire marche arrière et annuler les nouvelles taxes. Les révoltes des deux derniers jours ont été provoquées par la hausse générale des denrées alimentaires elle-même déclenchée par la chute brutale du dollar zimbabwéen en novembre dernier. (AFP)
«Un entrepôt de pain a été pillé à Béatrice Road (sud)», «ils lancent des pierres à Chitungwiza et pillent à Mbare (sud)». Colportées de bureau en bureau, les nouvelles d’une deuxième journée d’émeutes ont vidé en moins d’une heure les rues du centre de Harare. Les immeubles sont fermés à l’aide de cadenas, les magasins ont baissé leur rideau de fer et les chantiers ont été désertés. Jamais depuis l’indépendance du pays en 1980 le pays n’avait connu des émeutes aussi violentes. Dans les banlieues populaires de Mbare, Tafara et Mabvuku, et dans le secteur de la zone industrielle, les écoles ont renvoyé les enfants chez eux de peur qu’ils ne soit bloqués par les émeutiers. Dans certains quartiers comme Highfield (sud), les pillages se sont poursuivis toute la nuit obligeant les habitants à...
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