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Actualités - Chronologie

Les massacres succèdent aux massacres Guerre civile sans issue au Rwanda

La guerre civile au Rwanda semble plus que jamais dans l’impasse, au lendemain du massacre d’une quarantaine de personnes, qui démontre une fois de plus l’absence de perspectives politiques et militaires d’un conflit que la majorité des observateurs s’accordent à voir durer. Lundi matin, le bus transportant les employés de la brasserie rwando-hollandaise Bralirwa, dans la préfecture de Gisenyi (nord-ouest), a été attaqué par des individus armés qui ont tiré sur les passagers avant de mettre le feu au véhicule. Le bilan officiel est de 35 morts et 25 blessés, mais l’entreprise reconnaît que l’état de carbonisation des corps rend très difficile un décompte précis. En tenant compte des employés de la brasserie qui utilisaient la navette quotidiennement, et qui manquent à l’appel aujourd’hui, la Bralirwa évoque 45 ou 46 victimes. A quelques kilomètres plus loin, dans la commune de Kanama située sur la route entre Gisenyi et Ruhengeri (nord), deux autres personnes ont été tuées dans une embuscade, selon les autorités. Ces incidents viennent s’ajouter à une interminable liste de massacres, embuscades, attaques contre des cibles civiles et militaires, libérations de prisonniers et pillages, tous attribués par les autorités aux rebelles hutus «Interahamwe» et soldats des ex-Forces armées rwandaises (FAR). Des rebelles très mobiles Après s’être intensifiée à partir de mai 1997, la rébellion a étendu son rayon d’action, touchant désormais non seulement les préfectures de Gisenyi et de Ruhengeri (nord), mais aussi le nord de la préfecture de Gitarama (centre-ouest). Aucune zone n’échappe complètement au contrôle des autorités. Mais même les plus optimistes des scénarios n’envisagent pas de victoire prochaine de l’armée, qui lutte dans une région suffisamment vallonné et boisée pour permettre aux rebelles de demeurer très mobiles et presque inaccessibles. La situation à Gisenyi, dans le nord-ouest du Rwanda, «est toujours problématique, mais globalement les choses s’améliorent, même si cela va prendre du temps», a estimé le vice-président rwandais Paul Kagamé, dans un entretien mardi au quotidien belge francophone Le Soir (indépendant). «Nous nous trouvons là entre la guerre et une sorte de conflit de basse intensité, mais il faut se rappeler que ces troubles ont été limités aux régions du nord-ouest, le reste du pays est calme», souligne Paul Kagamé, également ministre de la Défense, qui a entamé mardi sa première visite officielle en Belgique. Le gouvernement de Kigali intensifie ses efforts pour convaincre la population de ne pas collaborer avec la rébellion. Par-delà la question militaire, c’est aussi l’absence de dialogue qui inquiète aujourd’hui les diplomates étrangers, ainsi que la difficulté de lire dans les actions rebelles une quelconque signification politique. La hiérarchie de la rébellion «est un fantôme inaccessible, dont on ignore les visées», analyse l’un d’entre eux. Un match nul Une partie au moins des rebelles aujourd’hui actifs ont été en première ligne lors du génocide de 1994, au cours duquel entre 500.000 et 800.000 Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés. Mais aux agressions a priori «ethniques», comme celles du massacre du camp de réfugiés tutsis congolais de Mudende (entre 300 et 1.000 morts le 10 décembre), s’ajoutent aussi les massacres aveugles comme celui de lundi, dont l’objectif demeure obscur. «Cette rébellion est un match nul sanglant et sans issue, estimait lundi un observateur. Aucun camp ne peut défaire l’autre et aucune issue politique n’est envisageable, puisque la rébellion ne propose aucun porte-parole». (AFP)
La guerre civile au Rwanda semble plus que jamais dans l’impasse, au lendemain du massacre d’une quarantaine de personnes, qui démontre une fois de plus l’absence de perspectives politiques et militaires d’un conflit que la majorité des observateurs s’accordent à voir durer. Lundi matin, le bus transportant les employés de la brasserie rwando-hollandaise Bralirwa, dans la préfecture de Gisenyi (nord-ouest), a été attaqué par des individus armés qui ont tiré sur les passagers avant de mettre le feu au véhicule. Le bilan officiel est de 35 morts et 25 blessés, mais l’entreprise reconnaît que l’état de carbonisation des corps rend très difficile un décompte précis. En tenant compte des employés de la brasserie qui utilisaient la navette quotidiennement, et qui manquent à l’appel aujourd’hui, la Bralirwa...