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Actualités - Chronologie

Ramadan, ou la vie à l'envers dans la péninsule arabique

Alors qu’une marée noire menace la côte des Emirats, les administrations et les postes de police sont déserts et aucun responsable n’est joignable: c’est le mois de jeûne du Ramadan. Aux Emirats arabes unis comme dans les autres pays de la péninsule arabique, la vie tourne à l’envers au cours de ce mois où les gens dorment le jour et sortent la nuit et où le ralentissement de l’activité devient alarmant. Des journalistes qui enquêtaient cette semaine sur la marée noire à Charjah et dans l’émirat voisin d’Ajman, dont la menace fait la une de la presse locale, ont trouvé toutes les portes fermées. «Revenez le soir, les responsables ne sont pas joignables», se sont-ils entendus répondre. Durant le mois de Ramadan, les musulmans sont appelés à jeûner du lever au coucher du soleil. Dans les administrations et sur les lieux de travail, des horaires plus souples ont été institués, mais l’absentéisme est de règle. «Les gens vivent hors du temps pendant ce mois durant lequel la vie économique s’arrête au nom de la piété», relève un homme d’affaires européen basé dans la zone franche de Jebel Ali à Dubai. Selon lui, les pertes enregistrées au cours de ce mois ne sont pas comptablisées dans les pays du Golfe. Sonnette d’alarme Tirant la sonnette d’alarme, un commentateur du journal émirati Gulf News écrivait récemment: «Je vais être franc au risque de mécontenter certains, mais je n’ai pas peur de dire que nous sommes devenus de plus en plus paresseux au cours de ce mois béni». «Entrez dans n’importe quelle administration, vous ne verrez que des employés assoupis qui refusent de vous aider, vous demandent de revenir le lendemain bien qu’ils aient votre dossier sous les yeux. Le jeûne ne veut en aucun cas dire paresse ou intolérance, ce devrait être le contraire», souligne-t-il. Les villes du Golfe, plongées dans la torpeur toute la journée, se réveillent après l’iftar, le repas de rupture du jeûne quotidien. Les magasins ouvrent alors leurs portes et sont envahis par une foule animée alors que les cafés se peuplent jusqu’à l’aube. «Nos nuits se transforment en jour et vice versa. Les magasins sont ouverts jusqu’à deux heures du matin, les souks sont pleins de monde et c’est une atmosphère de fête», dit Reem Saleh, une Séoudienne. «C’est tellement facile de jeûner, surtout que les horaires de travail sont réduits». Narguilé et Qat Même constat dans les autres pays de la région: Au Yémen, pays qui tente de sortir son économie du marasme, on sombre aussi dans l’inactivisme durant le Ramadan. Les services publics commencent à fonctionner timidement en fin de matinée. L’horaire du travail est réduit à quatre heures à partir de 11h00 locales mais en fait le personnel est souvent absent. Les cérémonies religieuses et les séances traditionnelles de qat, des feuilles à l’effet euphorisant que les Yéménites ont l’habitude de mâcher dans l’après-midi, se prolongent jusqu’à l’aube. Ailleurs, c’est le narguilé qui l’emporte. Cette pipe orientale à long tuyau a envahi ces dernières années les pays du Golfe qui ont pourtant déclaré la guerre au tabagisme. Aux Emirats, les hôtels compensent leur manque à gagner en établissant des grandes tentes pour les fumeurs qui veillent la plupart du temps en famille, jouant aux cartes ou au tric-trac en consommant des pâtisseries. A Oman, la municipalité de Mascate a autorisé cette année l’usage du narguilé après l’avoir interdit ces trois dernières années dans le cadre d’une campagne pour la protection de la santé. Au Koweït, les diwaniya, lieux de rencontre traditionnels pour les hommes, s’animent et des discussions s’y prolongent jusqu’à l’aube. Difficile dans ce cas d’être à pied d’œuvre de bon matin... (AFP)
Alors qu’une marée noire menace la côte des Emirats, les administrations et les postes de police sont déserts et aucun responsable n’est joignable: c’est le mois de jeûne du Ramadan. Aux Emirats arabes unis comme dans les autres pays de la péninsule arabique, la vie tourne à l’envers au cours de ce mois où les gens dorment le jour et sortent la nuit et où le ralentissement de l’activité devient alarmant. Des journalistes qui enquêtaient cette semaine sur la marée noire à Charjah et dans l’émirat voisin d’Ajman, dont la menace fait la une de la presse locale, ont trouvé toutes les portes fermées. «Revenez le soir, les responsables ne sont pas joignables», se sont-ils entendus répondre. Durant le mois de Ramadan, les musulmans sont appelés à jeûner du lever au coucher du soleil. Dans les...