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Actualités - Analyse

Revue hebdomadaire des marchés financiers Prudence et expectative à Beyrouth

L’évolution du marché des changes de Beyrouth commence à être placée dès la semaine dernière sous le signe des conjectures auxquelles donnent lieu les estimations du déficit budgétaire dont dépend le volume de la dette publique, bête noire de la Banque du Liban (B.D.L.). A cet égard, les réserves émises à l’encontre du relèvement de certaines taxes prévues dans le cadre du projet de budget 1998 pour les besoins de financement des dépenses publiques semblent nourrir quelques appréhensions au niveau de la communauté financière. Celle-ci, très préoccupée par la remontée de la dette publique libanaise à 14,36 milliards de dollars fin 1997, soit l’équivalent du produit intérieur brut (P.I.B.) libanais estimé pour la même période à quelque 14,96 milliards de dollars, a préféré se mettre à l’écart du marché en attendant l’issue des débats budgétaires qui débuteront demain. En effet, l’offre du «billet vert», auparavant stimulée par le dépôt séoudien de 600 millions de dollars, ne tardait pas à se contracter sans pour autant donner lieu à un développement de la demande qui est restée à la portée du marché, dispensant la B.D.L. à se porter «vendeur» pour maintenir l’équilibre des échanges. C’est ainsi qu’en abaissant son taux d’intervention à la vente de 1531,50 L.L. à 1531,— L.L., en un premier temps, puis son taux à l’achat de 1521,50 L.L. à 1521,— L.L., en un deuxième temps, dans le cadre de son action traditionnelle sur le marché, la B.D.L. est parvenue donc à ramener le taux moyen indicatif du «billet vert» à la fin de la semaine dernière à 1526,— L.L. contre 1526,50 L.L. à la fin de la semaine se terminant au vendredi 9 janvier, soit en léger repli de 0,033% d’une huitaine à l’autre. Toutefois, les banques de la place ont continué à négocier le dollar au-dessus de ce taux indicatif mais à des cours légèrement inférieurs au haut de la fourchette d’intervention de la B.D.L., soit entre 1528,50 et 1530,50 L.L. toute la semaine et avec un point d’ancrage à 1529,50 L.L., témoignant aussi bien de la propension du marché à l’achat du dollar que de ses capacités à satisfaire la demande par ses propres moyens. Accès de faiblesse des monnaies européennes A l’étranger, le dollar, qui continuait à présenter de bonnes dispositions vis-à-vis des monnaies européennes à l’exception du sterling, devait éprouver, la semaine dernière, beaucoup de difficultés à préserver ses gains contre le yen. Sa tendance a été déterminée, d’un côté, par des considérations en rapport avec les efforts visant à circonscrire la crise financière asiatique et les perspectives de relance de l’économie japonaise, et d’un autre côté, par les conjectures auxquelles donne lieu l’orientation future des taux d’intérêt des deux côtés de l’Atlantique. Ainsi, nombre d’investisseurs institutionnels, rassurés par les mesures d’austérité et d’assainissement financier adoptées par plusieurs pays du Sud-Est asiatique ainsi que par l’intention déclarée du Parti libéral démocrate au pouvoir au Japon d’autoriser les banques à réévaluer leurs actifs immobiliers d’après les prix du marché afin de surmonter les problèmes épineux de certaines de leurs créances, ont estimé la semaine dernière devoir s’ajuster sur la parité dollar/yen. Cela d’autant qu’ils apprenaient que l’excédent de la balance des comptes courants japonais aurait atteint 9,7 milliards de dollars, en novembre dernier, en augmentation de 91,8% par rapport à la période correspondante de 1996, laissant craindre une réaction des Etats-Unis qui voient d’un mauvais œil ce développement qu’ils attribuent à la dépréciation injustifiée du yen. En outre, les nouvelles statistiques américaines publiées la semaine dernière sont venues privilégier le dollar, sous le rapport du différentiel des taux d’intérêt, aux monnaies européennes, à l’exception du sterling qui a bénéficié lui aussi des perspectives de resserrement de la politique monétaire britannique. A cet égard, les opérateurs ont été sensibilisés par la hausse de 0,5% de la production industrielle aux Etats-Unis, le mois dernier, après 0,8% en novembre, soit au rythme annuel de 5% en 1997 contre 3,5% en 1996, ainsi que par l’augmentation du taux d’utilisation des capacités industrielles à 83,4% contre 83,3% pendant la période, à un moment où l’Université de Michigan faisait savoir que son indice mensuel mesurant le sentiment des consommateurs américains aurait progressé de 102,1 points en décembre à 104 points en janvier, témoignant de la pédisposition de l’économie américaine à la surchauffe. Ce sentiment a été renforcé par l’annonce aussi que les ventes au détail avaient augmenté de 0,7%, le mois dernier, contre 0,3%, en novembre. De ce fait, ils ont dû passer outre à la hausse des prix à la consommation à 0,1% pendant la même période ainsi qu’à l’augmentation de 0,4% des stocks des fabriques en novembre, comme en octobre, consécutivement à la diminution des ventes de ces stocks de 0,1% à 0,2%, excluant, avec la hausse de 21.000 personnes du nombre des demandeurs d’allocations-chômage pendant les dix premiers jours de janvier, toute surchauffe de l’économie américaine. Compte tenu de toutes ces considérations et eu égard aussi à l’annonce par le Chancelier de l’Echiquier, Gordon Brown, que la Banque d’Angleterre serait contrainte à relever ses taux de base à plus de 7,25% sous la pression de la hausse des revenus personnels des Britanniques qui avaient augmenté de 4,75% en novembre, le dollar et le sterling ne tardaient pas à être activement recherchés quoique dans une moindre mesure que le yen. Des déclarations faites par de hauts responsables de la Bundesbank, dont Helmut Hess, qui a estimé que la fermeté du dollar profiterait à l’Allemagne, et Klaus-Dieter Kuehbacher, qui a exclu toute augmentation des taux d’intérêt allemands à court terme, ont également agi au passif des monnaies de la prochaine Union européenne. C’est ainsi que le dollar s’est négocié à la clôture de New York, vendredi dernier, en comparaison avec la fin de la semaine se terminant au vendredi 9 janvier, comme suit : — 1,6335 pour un sterling contre 1,6135 ( —1,22% ). — 1,8335 D.M. contre 1,8205 ( + 0,71% ). — 1,4980 F.S. contre 1,4775 ( + 1,39% ). — 6,1400 F.F. contre 6,0980 ( + 0,69% ). — 1803,50 lires contre 1790 ( + 0,75% ). — 129,30 yen contre 132,05 ( — 2,08% ). Reprise de l’or Le retour graduel à la normale sur les places asiatiques, après les mesures consenties par les gouvernements des pays concernés afin d’assainir leurs finances publiques, ainsi que les craintes liées aux tensions entre les experts en désarmement des Nations Unies et l’Irak et leurs répercussions sur les prix pétroliers, ont redonné plus d’actualité aux placements en or, la semaine dernière. C’est ainsi qu’à New York, la parité de l’once est parvenue à faire un bond spectaculaire, clôturant, vendredi dernier, à 290,60 dollars contre 278,50 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 9 janvier, en hausse de 4,34% en moyenne. Par sympathie, l’argent-métal s’est également apprécié, mais dans une moindre proportion, achevant la semaine à New York, vendredi dernier, à 5,7580 dollars l’once contre 5,5930 à la fin de la semaine se terminant au vendredi 9 janvier, en hausse de 2,95% en moyenne. Elie KAHWAGI Désignation des monnaies Dollar en L.L. Sterling en $ Dollar en D.M. Dollar en F.S. Dollar en F.F. Dollar en lires Dollar en yen OR L’once en $ ARGENT L’once en $ 9.1.98 1526,50 1,6135 1,8205 1,4775 6,0980 1790,00 132,05 278,50 5,5930 12.1.98 1526,50 1,6215 1,8210 1,4765 6,0970 1791,00 132,70 278,30 5,4400 13.1.98 1526,25 1,6350 1,8195 1,4770 6,0915 1791,00 131,70 283,30 5,6530 14.1.98 1526,25 1,6290 1,8220 1,4820 6,0985 1792,00 130,90 281,90 5,6580 15.1.98 1526,00 1,6350 1,8315 1,4990 6,1355 1802,75 129,80 285,90 5,7830 16.1.8 1526,00 1,6335 1,8335 1,4980 6,1400 1803,50 129,30 290,60 5,7580 Variations en % — 0,033 — 1,22 + 0,71 + 1,39 + 0,69 + 0,75 — 2,08 + 4,34 + 2,95
L’évolution du marché des changes de Beyrouth commence à être placée dès la semaine dernière sous le signe des conjectures auxquelles donnent lieu les estimations du déficit budgétaire dont dépend le volume de la dette publique, bête noire de la Banque du Liban (B.D.L.). A cet égard, les réserves émises à l’encontre du relèvement de certaines taxes prévues dans le cadre du projet de budget 1998 pour les besoins de financement des dépenses publiques semblent nourrir quelques appréhensions au niveau de la communauté financière. Celle-ci, très préoccupée par la remontée de la dette publique libanaise à 14,36 milliards de dollars fin 1997, soit l’équivalent du produit intérieur brut (P.I.B.) libanais estimé pour la même période à quelque 14,96 milliards de dollars, a préféré se mettre à l’écart du...