L’impact de la crise asiatique sur les banques et les entreprises suisses devrait rester limité, les banques helvétiques semblant moins engagées dans la région qu’une bonne partie de leurs concurrentes, selon les milieux économiques du pays. Fidèles à leur tradition, les grandes banques suisses ne divulguent aucun chiffre sur le volume de leurs créances aux pays asiatiques. Mais si l’on se réfère aux statistiques les plus récentes de la Banque centrale suisse, qui portent sur 1996, les banques helvétiques ont prêté au total 16,5 mds de francs suisses (11 mds de dollars) à Singapour, à la Corée du Sud et à Hong Kong. Ce qui est relativement peu par rapport à leurs avoirs totaux dans le monde, qui se montaient à la même époque à 540 mds de FS (360 mds de USD). Selon la BRI (Banque des règlements internationaux), les dettes bancaires totales de l’Asie (hors Japon) auprès des banques étrangères se montaient à 389 mds de dollars fin juin (1997). Interrogé, le Crédit Suisse Group a indiqué que fin 1996, il avait 12,4 milliards de FS d’actifs (qui correspondent essentiellement à des crédits) dans l’ensemble des pays non industrialisés, un chiffre modeste par rapport aux actifs du groupe dans l’Union européenne (183) ou aux Etats-Unis (131). Le Crédit suisse a particulièrement des actifs à Hong Kong (3,7 mds) et à Singapour (2,5), a précisé son porte-parole André-Lou Sugar. Le CS Group est «toujours ouvert à d’éventuels investissements à long terme» dans la région asiatique, a souligné celui-ci. Lundi dernier, alors que les bourses et les monnaies asiatiques s’effondraient, le Crédit Suisse a annoncé qu’il venait d’acquérir l’ensemble des activités en Asie de BZW, l’unité d’affaires de la banque britannique Barclays. Ce pas en avant est de taille puisque, pour les trois premiers trimestres de 1997, BZW s’est classé au 5e rang en Asie-Pacifique (hors Japon) dans le domaine des transactions sur titres. Il a pris en outre la troisième place en matière de fusions et acquisitions. Les deux autres grandes banques suisses, l’UBS et la SBS, sont restées silencieuses sur leur situation en Asie. La SBS — qui représente l’ensemble des banques suisses dans les négociations visant à rééchelonner la dette sud-coréenne — s’est contentée de rappeler que les créances des banques helvétiques sur la seule Corée du Sud s’élevaient à 1,6 milliard de FS (1 md de USD). Un chiffre qui confirme que leur position est meilleure que celle des banques françaises ou allemandes notamment (10 mds d’engagements environ chacun). Pour ce qui concerne l’industrie suisse, certains craignent un impact de la crise sur les affaires du géant ABB ou de groupes industriels comme Sulzer et Rieter. Ceux-ci comptent parmi les tous premiers fabricants au monde de machines textiles et vendent énormément aux pays d’Asie exportateurs de textile. Chez ABB, spécialiste notamment de la production d’énergie et de sa distribution, on se montre serein: «Peut-être certaines commandes seront reportées mais les besoins d’infrastructure de la région asiatique restent là et assurent à notre groupe une croissance à long terme», a estimé la porte-parole du groupe Iwona Jarzebska. L’effondrement actuel des monnaies asiatiques signifie aussi «certaines opportunités d’affaires» pour ABB, qui «n’a pas modifié ses objectifs à long terme dans la région» et qui pourrait donc y asseoir ses positions en reprenant par exemple des entreprises sur place devenues bon marché ou en développant ses unités locales. Actuellement, ABB réalise 18% de ses recettes en Asie (Japon y compris) où le groupe emploie 15% de son personnel. Chez Nestlé, la sérénité est également de mise. Le groupe alimentaire rappelle qu’il vend des produits de consommation courante, souvent de première nécessité qui ne devraient pas être les premiers touchés par une baisse de la consommation locale. D’une façon générale, les pays touchés par la crise ne représentent que 8,1% du total des exportations helvétiques. Si l’on ajoute le Japon et la Chine, on arrive à 13%. En comparaison, l’Europe absorbe 62% des exportations du pays. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’impact de la crise asiatique sur les banques et les entreprises suisses devrait rester limité, les banques helvétiques semblant moins engagées dans la région qu’une bonne partie de leurs concurrentes, selon les milieux économiques du pays. Fidèles à leur tradition, les grandes banques suisses ne divulguent aucun chiffre sur le volume de leurs créances aux pays asiatiques. Mais si l’on se réfère aux statistiques les plus récentes de la Banque centrale suisse, qui portent sur 1996, les banques helvétiques ont prêté au total 16,5 mds de francs suisses (11 mds de dollars) à Singapour, à la Corée du Sud et à Hong Kong. Ce qui est relativement peu par rapport à leurs avoirs totaux dans le monde, qui se montaient à la même époque à 540 mds de FS (360 mds de USD). Selon la BRI (Banque des règlements...