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Actualités - Chronologie

Le primat de Belgique cité à comparaître dans un procès pour pédophilie

La justice belge reprend jeudi le procès d’un curé pédophile de Bruxelles, dans lequel — fait sans précédent — le primat de Belgique, le cardinal Godfried Danneels, a été cité à comparaître à la demande d’une partie civile qui estime que sa responsabilité peut être engagée. S’agissant de sa seule responsabilité civile, le cardinal Danneels a choisi de ne pas se rendre devant la 45e Chambre du tribunal correctionnel mais de s’y faire représenter par son avocat, a indiqué son porte-parole. L’affaire concerne un curé de Bruxelles, incarcéré depuis juin et qui a avoué avoir violé depuis 1968 une dizaine d’enfants de 10 à 16 ans, selon une source judiciaire. Sa hiérarchie, au sommet de laquelle se situe le primat de Belgique, est soupçonnée de passivité et une instruction contre X pour non assistance à personne en danger (les victimes du curé) a été ouverte en août. Considéré comme un possible successeur de Jean-Paul II, le cardinal Danneels a toujours démenti que ses subordonnés ou lui-même aient voulu protéger l’abbé André Vander Lijn, 63 ans. Depuis le déclenchement de l’affaire Marc Dutroux en 1996, plusieurs enquêtes ont été ouvertes en Belgique contre des religieux suspectés de faits de pédophilie, dont certains ont été inculpés et emprisonnés. «La justice doit faire son œuvre et il ne peut y avoir de justice spéciale pour les prêtes», estime le primat, qui a récemment mis en garde contre «la suspicion universelle» créée par l’affaire Dutroux. Le cardinal Danneels considère qu’il ne peut être tenu responsable d’actes pédophiles commis par l’un ou l’autre des 1.200 prêtres et 150 diacres de son évêché. Dans le cas Vander Lijn, le primat assure avoir ignoré les agissements reprochés au curé. Un acte isolé Le supérieur hiérarchique direct de ce dernier, Mgr Paul Lanneau, évêque auxiliaire de Bruxelles, avait lui aussi plaidé l’ignorance le 18 décembre lors de la dernière audience du tribunal. Mais, s’était étonnée la présidente Claire De Gryse, l’abbé Vander Lijn «vous a quand même raconté qu’il avait embrassé un enfant sur les lèvres». «J’ai considéré qu’il s’agissait d’un acte isolé. Pour moi, ce n’était pas un problème de pédophilie» mais de «boisson et je lui ai conseillé d’arrêter de boire», avait répondu Mgr Lanneau. Deux témoignages d’animatrices de camps scouts, adressés fin 1996 au délégué général aux droits de l’enfant en Belgique, Claude Lelièvre, sont à l’origine du déclenchement de l’affaire. M. Lelièvre a indiqué avoir aussitôt averti l’évêché qu’il allait saisir la justice. Convoqué par Mgr Lanneau, l’abbé avait nié les faits et le cardinal Danneels avait ensuite demandé au délégué de «faire preuve de circonspection» à l’égard du curé à l’«excellente réputation». Parmi les autres affaires qui secouent l’Eglise catholique belge, figure celle de ce prêtre de 58 ans, qui, en dépit d’une inculpation de viol sur des mineurs et d’un séjour en prison, est revenu s’installer tranquillement dans son presbytère, provoquant l’émoi du village situé dans l’est de la Belgique. Refusant une mise à l’écart dans une abbaye, demandée par sa hiérarchie, l’ecclésiastique fait l’objet d’une procédure rarissime de révocation. Plus récemment, un aide-sacristain de 48 ans et un artisan de 64 ans ont été arrêtés dans le Nord-Ouest. Les deux hommes auraient eu des rapports sexuels avec plusieurs dizaines d’enfants de chœur depuis 1980. (AFP)
La justice belge reprend jeudi le procès d’un curé pédophile de Bruxelles, dans lequel — fait sans précédent — le primat de Belgique, le cardinal Godfried Danneels, a été cité à comparaître à la demande d’une partie civile qui estime que sa responsabilité peut être engagée. S’agissant de sa seule responsabilité civile, le cardinal Danneels a choisi de ne pas se rendre devant la 45e Chambre du tribunal correctionnel mais de s’y faire représenter par son avocat, a indiqué son porte-parole. L’affaire concerne un curé de Bruxelles, incarcéré depuis juin et qui a avoué avoir violé depuis 1968 une dizaine d’enfants de 10 à 16 ans, selon une source judiciaire. Sa hiérarchie, au sommet de laquelle se situe le primat de Belgique, est soupçonnée de passivité et une instruction contre X pour non assistance...