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Actualités - Chronologie

Indonésie : les émissaires américains martèlent un message de fermeté

Les émissaires américains ont continué mardi pour la deuxième journée consécutive à marteler à leurs interlocuteurs indonésiens, dont le président Suharto lui-même, que le programme de réformes du Fonds monétaire international auquel Jakarta s’était engagé devait être respecté. Confiant, sans doute, dans le fait que la détermination des Etats-Unis finira par se traduire par des actions concrètes du gouvernement indonésien, le marché a, pour la seconde journée consécutive, bien réagi. Après 2% lundi, à la suite des déclarations de MM. Lawrence Summers, le numéro deux du Trésor américain, et Stanley Fisher, premier directeur adjoint du FMI, la Bourse de Jakarta a «bondi» de plus de 9,1%. L’effet sur la roupie a été moins sensible, la devise indonésienne restant en dessous de 8.000 pour un dollar mais cependant bien au-dessus de l’abîme de 10.000 dans laquelle elle s’était enfoncée la semaine dernière. «A franchement parler, je pense que les gens sont en train d’essayer d’oublier les soucis que leur cause la dette des grandes sociétés», a déclaré le directeur des ventes d’une société boursière indonésienne. Malgré cette poussée d’optimisme, l’index du Jakarta Stock Exchange, à 382,137, est bien loin de son dernier cours le plus élevé, 740,830 le 8 juillet dernier. Une dette de 133 milliards de dollars Et la roupie, même au-dessus de 9.000 pour un dollar, reste bien loin de sa valeur de 2.450 d’avant la crise, et il est difficile d’imaginer comment l’Indonésie pourra s’acquitter de sa dette, officiellement estimée à 133 milliards de dollars. Quelques heures à peine après son arrivée, M. William Cohen, le secrétaire américain à la Défense, a déclaré que «la meilleure chance pour rétablir la confiance dans l’économie de l’Indonésie» était de suivre le programme et les recommandations du FMI. «Nous voudrions espérer que ces mesures seront mises en place aussi vite que possible», a ajouté M. Cohen qui doit être reçu mercredi par le président Suharto. Mardi matin, Lawrence Summers, le numéro deux du Trésor américain, avait déclaré, à l’issue de son entretien avec le chef de l’Etat indonésien, «avoir transmis le message du président Clinton sur l’importance des réformes économiques». C’est également ce qu’avait dit la veille M. Stanley Fisher, le numéro deux du FMI, qui avait souligné que «la confiance des investisseurs étrangers dans l’Indonésie reposait sur la manière dont le gouvernement traite l’économie et cela veut dire ce qu’il fait avec son budget et son véritable engagement à faire des réformes». Et c’est sans doute ce que devrait dire M. Michel Camdessus, attendu mercredi à Jakarta, lorsqu’il verra le lendemain, selon le programme prévu, le président Suharto. La crise économique pour la première fois ressentie directement par la population a entraîné une multiplication des appels, notamment parmi les dirigeants musulmans, exigeant des réformes non seulement économiques mais aussi politiques qui, estiment-ils, ne peuvent pas être faites tant que le président Suharto est au pouvoir. Ce n’est cependant pas en raison de ces appels, a affirmé un responsable du parti du pouvoir, le Golkar, que celui-ci a réaffirmé mardi qu’il maintenait sa décision de nommer le président Suharto, 76 ans, pour un septième mandat. «La décision prise par notre direction nationale n’a rien à voir avec la situation actuelle», a ainsi affirmé le dirigeant. (AFP)
Les émissaires américains ont continué mardi pour la deuxième journée consécutive à marteler à leurs interlocuteurs indonésiens, dont le président Suharto lui-même, que le programme de réformes du Fonds monétaire international auquel Jakarta s’était engagé devait être respecté. Confiant, sans doute, dans le fait que la détermination des Etats-Unis finira par se traduire par des actions concrètes du gouvernement indonésien, le marché a, pour la seconde journée consécutive, bien réagi. Après 2% lundi, à la suite des déclarations de MM. Lawrence Summers, le numéro deux du Trésor américain, et Stanley Fisher, premier directeur adjoint du FMI, la Bourse de Jakarta a «bondi» de plus de 9,1%. L’effet sur la roupie a été moins sensible, la devise indonésienne restant en dessous de 8.000 pour un dollar mais...