Plusieurs députés ont jugé irréalistes les prévisions de recettes pétrolières pour l’année iranienne 1377 (de mars 1998 à mars 1999), lors de l’ouverture dimanche du débat budgétaire au Parlement. Le gouvernement a prévu pour l’année prochaine 14,9 milliards de dollars de recettes pétrolières, soit environ 1,2 md USD de moins que pour l’année en cours. Le prix du baril a été évalué à 17,5 dollars alors qu’actuellement le brut iranien, première source de devises du pays, se vend à un prix inférieur de 4 dollars sur les marchés internationaux. «Les prix et le plafond de production prévus dans le budget du gouvernement ne sont pas réalistes et seront difficilement réalisables», a souligné devant le Parlement Mohssen Yahyavi, député et ancien vice-ministre du Pétrole. Le député a notamment émis des doutes quant au maintien du plafond de production et affirmé que le pays devait s’attendre «à environ 5 mds USD de baisse de recettes» pétrolières l’an prochain. «Actuellement, nous produisons 200.000 barils par jour de moins que ce que nous avions prévu dans notre budget de l’année dernière et nous risquons d’avoir le même problème l’année prochaine», a ajouté M. Yahyavi. Mahmoud Abtahi, député de Khomeiny-Chahr, près d’Ispahan (centre), a qualifié d’«irréalisables» les prévisions des recettes pétrolières. «Nous aurons au moins une baisse de 15% de nos recettes pétrolières dans les prochains mois, ce qui signifie un déficit de plusieurs milliards de dollars», a ajouté M. Abtahi. L’Iran a vendu pour plus de 10 mds de dollars de pétrole au cours des huit premiers mois de l’année iranienne de 1376 (du 20 mars au 20 novembre 1997). Le gouvernement iranien est confronté actuellement à un déficit budgétaire, estimé par des experts à au moins 2 mds de dollars. Le budget de l’année en cours avait prévu un prix de 17,5 USD pour le baril, qui n’a pas été atteint en raison de la situation sur le marché du pétrole, selon des sources parlementaires. Les commissions parlementaires concernées ont d’ores et déjà fixé à 16 USD le prix du baril, ce qui représente une baisse de 1,5 md USD par rapport aux recettes initialement prévues. Ce projet de budget est le premier présenté par le gouvernement du nouveau président iranien Mohammad Khatami, investi en août dernier. Il constitue un test politique important, le Parlement étant dirigé par le rival conservateur de M. Khatami lors de l’élection présidentielle, M. Ali Akbar Nategh-Nouri. Le projet, d’un montant de 84.666 milliards de rials (28,2 mds USD au taux de change officiel), est en faible augmentation par rapport au précédent budget qui était de 81.287 mds de rials. 36,4% des revenus doivent provenir des recettes pétrolières, 26,9% des impôts et 36,7% de recettes diverses telles que les exportations non pétrolières. M. Mohammad-Reza Bahonar, président de la commission parlementaire chargée d’examiner le projet de budget et membre influent de la majorité conservatrice, a laissé entendre que le Parlement pourrait s’opposer à un emprunt de 6,4 mds USD à l’étranger. L’endettement massif contracté au début des années 90 — une trentaine de mds USD de dettes, dont 90% à court terme, selon des estimations occidentales — a contraint l’Iran à une cure draconienne d’austérité depuis quatre ans. (AFP)
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