Le Cachemire, jadis baptisé le «paradis sur terre», tente de faire revenir les skieurs sur les pentes des contreforts de l’Himalaya après une décennie de violences qui y ont pratiquement tué le tourisme. A Gulmarg, à 2.850 m d’altitude, la neige est belle en ce mois de janvier. Mais le calme de cette station, dont le nom veut dire «champ de fleurs», est trompeur. Des centaines de soldats indiens protègent la région. De l’autre côté de la montagne, il y a le Pakistan. Plus de 25.000 personnes ont été tuées depuis 1989 au Cachemire indien, théâtre d’une guérilla séparatiste musulmane contre le régime de New Delhi qui accuse Islamabad d’aider les rebelles. A peine 15.000 touristes ont visité la région en 1997, contre 700.000 il y a encore 10 ans. Nombre de pays n’ont pas levé leur avis conseillant à leurs ressortissants de ne pas se rendre au Cachemire. Quatre touristes occidentaux, deux Britanniques, un Allemand et un Américain, enlevés en 1995 sont toujours portés disparus et on craint qu’ils n’aient été tués. Un cinquième, un Norvégien, a été décapité par ses ravisseurs. Pourtant, désireux de prouver que la situation se normalise et de faire renaître le tourisme, qui fut l’épine dorsale de l’Etat, les autorités du Jammu et Cachemire organisent à la fin du mois les Jeux d’hiver nationaux qui doivent rassembler 400 concurrents et 600 officiels et spectateurs. «Ces jeux nationaux seront suivis par les Jeux d’hiver asiatiques l’année prochaine», prédit, confiant, le premier ministre de l’Etat, Farooq Abdullah, élu en 1996 lors des premières élections dans la région en près d’une décennie. Il affirme que le Cachemire est en passe d’être «nettoyé» des séparatistes et que les habitants en ont assez des violences. A Gulmarg, à une cinquantaine de km à l’ouest de la capitale d’été de l’Etat, Srinagar, des réductions sont offertes aux skieurs dans plusieurs dizaines de bungalows et autres petits hôtels. Un groupe de skieurs japonais est arrivé la semaine dernière. Joe Ahanger, un Américain, est venu essayer les pistes. L’endroit est beau, mais, affirme-t-il, «il reste beaucoup à faire avant que Gulmarg ne puisse figurer sur la carte internationale des sports d’hiver». Les zones les plus élevées n’ont pas encore été exploitées et les pistes actuelles ne sont pas assez difficiles et doivent être mieux gérées, explique-t-il, critiquant également le manque de services. «Cela fait plus de deux jours que je suis là, mais je n’ai pas pu me procurer ne serait-ce qu’une tasse de café près des pistes», dit-il. Mais Najab Saqib, directeur du tourisme de l’Etat, voit un bel avenir pour la région. «Gulmarg a des kilomètres et des kilomètres de pistes naturelles, vante-t-il. Elles seront explorées au cours des prochaines années». Les autorités locales travaillent avec une firme française pour l’installation d’un télésiège. Deux véhicules utilisés pour tasser la neige sont arrivés d’Allemagne. (AFP)
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