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Actualités - Biographies

Nichols, un rural à la vie marquée par l'échec (photo)

Terry Nichols est un Américain apparemment ordinaire, produit d’une Amérique rurale désenchantée qui au fil des ans en était venu à haïr le gouvernement fédéral, le tenant pour responsable de sa vie difficile. Peu expressif, Nichols n’a montré d’émotion lors de son procès que lorsque son épouse Mariffe a évoqué leurs deux jeunes enfants auxquels il continue d’écrire depuis sa prison. Les témoignages poignants des victimes de l’attentat l’ont laissé apparemment indifférent. Petit, brun, Nichols, 42 ans, avait rencontré Timothy McVeigh — condamné à mort en juin dernier pour cet attentat — en 1988 à l’armée, où tous deux s’étaient engagés dans l’espoir de réussir enfin quelque chose. McVeigh avait alors 20 ans, Nichols en avait 33, était marié et père de famille, et avait tâté de nombreux petits boulots pour échapper au destin familial, celui d’agriculteur dans une région en déclin du Michigan. En dépit de la différence d’âge, les deux hommes s’étaient rapidement trouvé des points communs: issus de foyers déchirés, ils étaient tous deux les produits d’une Amérique profonde dure au travail. Un an après s’être engagé, Nichols doit quitter l’armée, sa femme demandant le divorce et lui laissant la charge de leur fils de six ans. Il retourne vivre à la ferme familiale où il se perçoit de plus en plus comme une victime, celle d’une mère alcoolique, d’un frère aîné dominateur, d’une épouse infidèle... et d’un gouvernement fédéral qui prétend contrôler le port d’armes et faire payer des impôts. Le contact avec les milices En 1990, il essaie de refaire sa vie, part aux Philippines épouser une adolescente de 17 ans recrutée par petites annonces. Il faudra à celle-ci sept mois pour avoir le droit d’immigrer aux Etats-Unis, une lourdeur bureaucratique qui accentue les sentiments anti-gouvenementaux de Nichols. Au fil des mois, sa haine contre le gouvernement augmente et il prend contact avec les milices du Michigan, ces groupuscules armés hostiles au gouvernement. Quand McVeigh refait surface en 1993, auréolé de sa médaille à la guerre du Golfe, mais furieux contre le gouvernement après le drame de Waco (Texas), Nichols est mûr pour passer à l’action. Quelque 80 membres de la secte des Davidiens ont péri le 19 avril 1993 à Waco lorsque des agents fédéraux ont donné l’assaut à leur propriété après 51 jours de siège. Les deux hommes préparent leur attentat pendant plusieurs mois. Selon l’accusation, c’est Nichols qui a loué sous de faux noms les emplacements où ont été cachés les composants de la bombe. C’est lui qui a cambriolé un magasin d’armes — ensuite revendues dans des foires — pour financer l’attentat. C’est lui encore qui est allé chercher McVeigh à Oklahoma City trois jours ayant l’attentat, après que celui-ci y eut garé la voiture dans laquelle il allait s’enfuir après le drame. Mais le jour de l’attentat, Nichols se trouvait chez lui, à Herington (Kansas). Il s’était rendu volontairement à la police trois jours plus tard. Les sept femmes et cinq hommes chargés de décider de son destin n’en ont pas moins estimé qu’il était lui aussi responsable de l’attentat d’Oklahoma City. (AFP)
Terry Nichols est un Américain apparemment ordinaire, produit d’une Amérique rurale désenchantée qui au fil des ans en était venu à haïr le gouvernement fédéral, le tenant pour responsable de sa vie difficile. Peu expressif, Nichols n’a montré d’émotion lors de son procès que lorsque son épouse Mariffe a évoqué leurs deux jeunes enfants auxquels il continue d’écrire depuis sa prison. Les témoignages poignants des victimes de l’attentat l’ont laissé apparemment indifférent. Petit, brun, Nichols, 42 ans, avait rencontré Timothy McVeigh — condamné à mort en juin dernier pour cet attentat — en 1988 à l’armée, où tous deux s’étaient engagés dans l’espoir de réussir enfin quelque chose. McVeigh avait alors 20 ans, Nichols en avait 33, était marié et père de famille, et avait tâté de...