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Actualités - Chronologie

La révolte des chômeurs s'amplifie en France

La révolte des chômeurs en France, qui menace de se transformer en boomerang contre le gouvernement de gauche de Lionel Jospin, s’est encore amplifiée mercredi avec des manifestations dans différentes régions pour obtenir une amélioration durable du sort des sans-emplois. A Paris plusieurs centaines de chômeurs ont fait, dans un climat tendu, le siège de l’UNEDIC, où se tenait un conseil d’administration de cet organisme chargé de gérer le système d’indemnisation du chômage. D’importantes forces de police avaient pris place autour de l’immeuble et de brèves échauffourées se sont produites avec la police au début de cette manifestation. A Marseille (Sud-Est), d’où ce mouvement de révolte est parti il y a trois semaines, entre 3.500 et 5.000 personnes ont défilé dans le centre de la ville, pour appuyer leurs revendications. A Limoges (centre), des chômeurs ont occupé un centre social. Dans le Sud-Ouest, une centaine de sans-emplois ont occupé les locaux de la chambre de commerce de Bordeaux, tandis qu’à Toulouse quelque 300 personnes ont défilé dans les rues de la ville. A Annecy (Alpes), les chômeurs ont voté pour l’occupation de bâtiments administratifs. Pour éviter que ces manifestations entraînent de nouvelles occupations d’antennes distribuant les indemnités chômage (les ASSEDIC), les autorités ont fait fermer mercredi un grand nombre de ces bureaux. Malgré leur ampleur limitée, ces protestations menées depuis la mi-décembre par des comités d”action souvent encadrés par le syndicat CGT (à direction communiste) continuent à avoir un grand retentissement en France. Leur mouvement trouve en effet une résonance profonde dans un pays où le chômage touche de très nombreuses familles, le pays comptant 3,1 millions de sans-emplois, sur une population active de 25 millions. Il est aussi une source d’embarras de plus en plus fort pour la coalition gouvernementale de gauche, divisée au surplus sur les mesures à prendre. Le Parti communiste et les Verts (écologistes), qui siègent au gouvernement, ont en effet manifesté leur soutien aux revendications des protestataires, qui réclament une réforme de fond des indemnités qu’ils reçoivent ainsi qu’une aide exceptionnelle de 3000 FF (500 dollars). Même le Parti socialiste de Lionel Jospin a appelé le gouvernement à améliorer d’urgence les mesures au bénéfice des chômeurs de longue durée. Le nombre de ces exclus de la société, ayant épuisé leurs droits aux allocations de chômage, est estimé à un peu plus d’un million. Ils ne perçoivent plus que des aides d’urgence ne dépassant guère 2.000 FF par mois (330 dollars) pour vivre. Le premier ministre a passé une bonne partie de la journée de mardi à des consultations sur ce dossier et à tenter de resserrer les rangs dans son équipe. M. Jospin, qui est jusqu’ici resté silencieux, s’exprimera publiquement à ce sujet jeudi, a indiqué le ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement. La semaine dernière, la ministre de l’Emploi Martine Aubry, qui s’est opposée à l’octroi d’une aide exceptionnelle généralisée aux chômeurs, avait débloqué 500 millions de FF (83 millions de dollars) pour des actions de formation en faveur de sans-emplois. Les comités d’action de chômeurs ont critiqué ce geste en l’estimant totalement insuffisant et en notant de surcroît qu’il correspondait à des fonds que l’Etat devait de toute manière reverser à l’UNEDIC, gérée paritairement par les syndicats et le patronat. (AFP)
La révolte des chômeurs en France, qui menace de se transformer en boomerang contre le gouvernement de gauche de Lionel Jospin, s’est encore amplifiée mercredi avec des manifestations dans différentes régions pour obtenir une amélioration durable du sort des sans-emplois. A Paris plusieurs centaines de chômeurs ont fait, dans un climat tendu, le siège de l’UNEDIC, où se tenait un conseil d’administration de cet organisme chargé de gérer le système d’indemnisation du chômage. D’importantes forces de police avaient pris place autour de l’immeuble et de brèves échauffourées se sont produites avec la police au début de cette manifestation. A Marseille (Sud-Est), d’où ce mouvement de révolte est parti il y a trois semaines, entre 3.500 et 5.000 personnes ont défilé dans le centre de la ville, pour appuyer...