Chercheurs et guérisseurs venus d’Afrique et d’Amérique se sont penchés cette semaine à Dakar au chevet de la médecine traditionnelle, jusque-là malade du mystère qui l’entoure, pour lui redonner une nouvelle santé et la faire entrer dans le monde moderne. Pratiquée partout en Afrique, et au-delà par des guérisseurs aux méthodes très diversifiées, aux antipodes de la médecine moderne, la médecine traditionnelle a de nombreux adeptes et intéresse de plus en plus des médecins sortis des universités en Occident. Cet intérêt grandissant constitue, selon les experts réunis à Dakar, le meilleur gage pour l’avenir de cette médecine qui plonge ses racines dans la culture africaine et répond à une conjoncture économique qui exclut des hôpitaux la plupart des malades démunis. Pour ces guérisseurs, «l’art de soigner ne se fait pas pour de l’argent», affirme Dr Erick Gbodossou, diplômé de l’université de Dakar, convaincu que la rencontre «entre guérisseurs et médecins» est inéluctable. Depuis une vingtaine d’années, le Dr Gbodossou mène des recherches sur la médecine traditionnelle et travaille avec des tradipraticiens dans un centre près de Dakar, où il côtoie les guérisseurs qui utilisent racines, feuilles et écorces autant que les incantations pour guérir leurs malades. La plante ou la racine ne valent que par la «parole» qui va avec, assure le Dr Gbodossou. C’est également le point de vue du Dr Virginia Davis Floyd, une Américaine tombée sous le charme des pratiques «indigènes». Elle s’est beaucoup intéressée au son des tam-tams et autres rituels qui, selon elle sont «inséparables du processus de guérison». Ainsi, du Sénégal au Guatémala, de l’Inde aux USA, pays qu’elle a parcourus dans une sorte de voyage initiatique, elle a trouvé une constante dans les pratiques traditionnelles qui la poussent à conclure qu’il existe «une certaine unité dans la diversité». Charles Finch, un médecin américain, évoque avec passion l’histoire de l’Egypte antique pour démontrer le bien-fondé de la «science» de ces guérisseurs d’Afrique et la similitude de leurs pratiques avec celles des indiens d’Amérique. Pour conclure que les «solutions aux problèmes du futur vont venir de ces traditions». «L’engouement pour ces pratiques est réel», précise le Dr Mouhamadou Tidiane Dia, chargé d’amender une loi qui interdit aux guérisseurs d’exercer leur métier au Sénégal, pays où ils soignent cependant 85% des malades. Selon le Dr Dia, des pays comme le Sénégal, le Ghana ou le Swaziland comptent un guérisseur pour 1.000 ou 1.200 habitants. C’est là, dit-il, un atout à condition de pouvoir «faire la distinction entre guérisseurs et charlatans». Chiffres à l’appui, il indique qu’aux Etats-Unis, le tiers de la population se fait consulter hors des circuits de la médecine moderne, alors qu’en Europe 60% des Hollandais et des Belges sont prêts à payer plus pour bénéficier des thérapies traditionnelles. L’Afrique doit éviter de «perdre ce qu’elle possède déjà au moment où l’Occident s’y intéresse le plus», conclut-il. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Chercheurs et guérisseurs venus d’Afrique et d’Amérique se sont penchés cette semaine à Dakar au chevet de la médecine traditionnelle, jusque-là malade du mystère qui l’entoure, pour lui redonner une nouvelle santé et la faire entrer dans le monde moderne. Pratiquée partout en Afrique, et au-delà par des guérisseurs aux méthodes très diversifiées, aux antipodes de la médecine moderne, la médecine traditionnelle a de nombreux adeptes et intéresse de plus en plus des médecins sortis des universités en Occident. Cet intérêt grandissant constitue, selon les experts réunis à Dakar, le meilleur gage pour l’avenir de cette médecine qui plonge ses racines dans la culture africaine et répond à une conjoncture économique qui exclut des hôpitaux la plupart des malades démunis. Pour ces guérisseurs, «l’art de...