L’attorney general (procureur) de la province du Cap Occidental a annoncé mercredi qu’il allait engager des poursuites contre l’ancien président sud-africain, Pieter W. Botha, pour son refus répété de témoigner devant la Commission Vérité et Réconciliation. «J’ai décidé d’engager des poursuites judiciaires», a déclaré l’attorney general, Frank Kahn, lors d’une conférence de presse au Cap (sud-ouest). «C’est légalement nécessaire. M. Botha sera donc poursuivi devant la Cour régionale du Cap». La décision de l’attorney general du Cap intervient à la suite de la plainte, déposée en décembre par la Commission Vérité et Réconciliation (TRC) contre l’ancien président, pour son refus répété de se présenter aux convocations de la TRC pour expliquer son rôle sous l’apartheid. M. Kahn a indiqué que l’ancien président ne serait pas arrêté. M. Botha a été informé des poursuites qui vont être engagées contre lui, et a donné à la justice l’assurance qu’il comparaîtra au tribunal à la date fixée pour l’audience, le 23 janvier prochain, a déclaré l’attorney general. Pieter Botha, qui aura 82 ans lundi, peut être poursuivi aux termes de la législation instaurant la Commission Vérité et Réconciliation, pour refus de comparaître devant la TRC, pour obstacle au travail de celle-ci, ainsi que pour outrage à la Commission. M. Kahn a suggéré que ces chefs d’inculpation pourraient ne pas être tous retenus lors de la procédure. S’il est reconnu coupable, M. Botha pourrait encourir une peine de prison allant jusqu’à six ans et/ou une forte amende. M. Kahn a assuré qu’il avait mûrement réfléchi avant de prendre sa décision de poursuivre M. Botha. «Aucun procureur d’un pays civilisé ne décide à la légère de poursuivre une personne de cet âge, particulièrement étant donné les circonstances», a-t-il déclaré, en référence à l’opération de la hanche de M. Botha l’an dernier. Pieter W. Botha, premier ministre, puis président de l’Afrique du Sud de l’apartheid de 1978 à 1989, s’est engagé depuis quatre à cinq mois dans un bras de fer avec la Commission Vérité, qu’il a publiquement comparée à un «cirque», et dont il a ignoré diverses convocations. Sa dernière convocation en date, en décembre, portait sur le fonctionnement du Conseil de sécurité d’Etat du régime d’apartheid, qui réunissait les chefs de la police, de l’armée, des services de renseignements et des membres du cabinet, en tant que chef d’Etat. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’attorney general (procureur) de la province du Cap Occidental a annoncé mercredi qu’il allait engager des poursuites contre l’ancien président sud-africain, Pieter W. Botha, pour son refus répété de témoigner devant la Commission Vérité et Réconciliation. «J’ai décidé d’engager des poursuites judiciaires», a déclaré l’attorney general, Frank Kahn, lors d’une conférence de presse au Cap (sud-ouest). «C’est légalement nécessaire. M. Botha sera donc poursuivi devant la Cour régionale du Cap». La décision de l’attorney general du Cap intervient à la suite de la plainte, déposée en décembre par la Commission Vérité et Réconciliation (TRC) contre l’ancien président, pour son refus répété de se présenter aux convocations de la TRC pour expliquer son rôle sous l’apartheid. M. Kahn a...