Roger Garaudy jugé pour contestation de crime contre l'humanité
le 08 janvier 1998 à 00h00
L’universitaire et écrivain français Roger Garaudy, 84 ans, doit être jugé jeudi, vendredi, et jeudi prochain par la 17e Chambre correctionnelle de Paris pour contestation de crime contre l’humanité dans son ouvrage «Les Mythes fondateurs de la politique israélienne». Un petit doute pèse cependant sur la tenue de ce procès. Les parties civiles, le Mrap (mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), et plusieurs associations et amicales d’anciens déportés ont l’intention d’en demander le report: leurs avocats se trouvent tous actuellement à Bordeaux (Sud-Ouest), parties civiles dans le procès de Maurice Papon, l’ancien ministre français jugé pour crimes contre l’humanité, qui devait initialement se terminer fin décembre. Le tribunal semble pour sa part souhaiter que les débats se tiennent. Garaudy, ancien dirigeant communiste, exclu du bureau politique du PCF en 1970, converti à l’islam en 1982, est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages comme «Parole d’homme», «L’appel aux vivants», «L’islam habite notre avenir», «L’affaire Israël», et «Intégrismes». Dans «Les mythes fondateurs de la politique israélienne», paru début janvier 1996 chez l’éditeur révisionniste «La vieille taupe», poursuivi avec lui, Garaudy évoque notamment «le mythe des six millions de juifs exterminés devenu un dogme justifiant toutes les exactions de l’Etat d’Israël en Palestine», et met en cause l’existence des chambres à gaz. A la suite de plusieurs plaintes, l’auteur a été mis en examen (inculpé) le 25 avril suivant pour contestation de crime contre l’humanité, un délit passible d’un an de prison et 300.000 francs (50.000 dollars) d’amende. Garaudy s’était défendu de tout antisémitisme, indiquant qu’il ne «s’agissait pas le moins du monde de toucher à la foi juive mais au mythe fondateur de la politique israélienne». L’affaire avait pris en avril une ampleur nationale avec le soutien apporté par l’abbé Pierre à Garaudy, dont il avait estimé qu’il «recherchait la vérité face à des déformations de la réalité indiscutables». Cette prise de position avait suscité des réactions consternées aussi bien des associations de déportés, de l’Eglise de France, d’Emmaus, l’association caritative fondée par l’abbé Pierre, auquel elle a néanmoins maintenu sa confiance. (AFP)
L’universitaire et écrivain français Roger Garaudy, 84 ans, doit être jugé jeudi, vendredi, et jeudi prochain par la 17e Chambre correctionnelle de Paris pour contestation de crime contre l’humanité dans son ouvrage «Les Mythes fondateurs de la politique israélienne». Un petit doute pèse cependant sur la tenue de ce procès. Les parties civiles, le Mrap (mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), et plusieurs associations et amicales d’anciens déportés ont l’intention d’en demander le report: leurs avocats se trouvent tous actuellement à Bordeaux (Sud-Ouest), parties civiles dans le procès de Maurice Papon, l’ancien ministre français jugé pour crimes contre l’humanité, qui devait initialement se terminer fin...
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