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Actualités - Chronologie

Le tour du monde en ballon à la bonne grâce des vents

Le succès d’un aéronaute est avant tout affaire de souffle. Reclus depuis mercredi dans son étroite capsule, Steve Fossett a remis le sort de sa tentative de tour du monde en ballon entre les mains de vents capricieux dont il va tenter de s’attirer les bonnes grâces pour réussir, avec un brin de chance, à survoler les cinq continents. Comme le résume sans détour son adversaire de quelques heures Kevin Uliassi, qui a abandonné sa tentative jeudi peu après son départ de Loves Park (Illinois), «la météo est certainement l’élément le plus important pour la réussite d’un vol de longue distance». «Elle peut vous flanquer en l’air si vous partez trop tôt ou trop tard». Car en l’absence de propulseur et de manche à balai, c’est le vent qui fait et défait les fortunes des aéronautes. Des «autoroutes de l’atmosphère» Dès son décollage de Saint-Louis (Missouri), le «Solo Spirit» de Steve Fossett s’est élevé à la verticale jusqu’à environ 8.000 m au-dessus du sol. A cette altitude commence le règne du fameux «jet stream», ces courants d’air puissants qui parcourent l’ensemble du globe à des vitesses pouvant atteindre 400 km/h et qui représentent pour un ballon les autoroutes de la haute atmosphère. Des autoroutes qui sont, paradoxalement, nettement plus praticables en hiver. «Nous choisissons l’hiver parce que c’est à cette saison que les vents sont les plus forts», explique le météorologiste de Steve Fossett, «Lou» Billones. «Ils sont plus rapides, plus facilement prévisibles et plus constants tout autour de la planète». «La seconde raison est qu’il faut éviter que le ballon ne croise la route des orages (qui) sont beaucoup moins nombreux en hiver», ajoute-t-il. Pour éviter au «Solo Spirit» une telle mauvaise rencontre météorologique, «Lou» Billones a établi dans sa maison du fin fond du Nebraska un véritable état-major de campagne. Assistance au sol Pendant les deux prochaines semaines, lui et ses trois assistants vont étudier à la loupe, 24 heures sur 24, les cartes de l’agence météorologique américaine (NOAA) et inonder Steve Fossett de courriers électroniques pour l’aider à se frayer un chemin au milieu des perturbations. «Nous sommes un peu ses yeux dans le futur», résume «Lou» Billones. «Nous pouvons non seulement l’aider à éviter le mauvais temps (...) mais aussi le faire changer d’altitude pour modifier sa trajectoire et emprunter une route plus intéressante». Ce fut deux fois le cas en janvier dernier. D’abord au-dessus de l’Atlantique, où Steve Fossett a brusquement piqué vers le Sud pour éviter la proximité d’un orage menaçant. Puis deux jours plus tard en Algérie, lorsque des vents dénichés in extremis lui ont permis de contourner le territoire de la Libye, qui refusait de l’autoriser à survoler son espace aérien. «Lou» Billones sait qu’il n’aura pas la tâche facile. A l’altitude choisie par Steve Fossett, le mauvais temps est si fréquent que ses trois adversaires — le Britannique Richard Branson, le Suisse Bertrand Piccard et l’Américain Dick Rutan — ont préféré naviguer au-dessus de 12.000m sur des mers beaucoup plus calmes. Les vents, l’équipement et le pilote «Je suis persuadé qu’avec un peu de technique et une bonne méthode on peut le faire», affirme cependant le «monsieur météo» de Steve Fossett. «L’an dernier nous avons réussi à le conduire à mi-chemin, il n’y a aucune raison pour que cette année nous ne parvenions pas à lui faire boucler le tour du monde». Et surtout, il sait que sa science des vents n’est pas la seule clé du succès. «Il y a aussi l’équipement, et encore plus crucial, le pilote», dit-il. «Steve a fait preuve d’un courage et d’une vigueur incroyable. C’est le gars idéal pour réussir un truc pareil». Steve Fossett se trouvait hier à mi-chemin au-dessus de l’Atlantique et espérait atteindre l’Europe. Le «Solo Spirit» était localisé hier à 14h00 GMT au beau milieu de l’océan Atlantique et poursuivait sa progression vers l’Est à une vitesse d’environ 220 km/h et une altitude supérieure à 7.000m, a précisé un porte-parole de l’aéronaute, Sue Killenberg. «S’il continue à ce rythme-là, il devrait atteindre l’Europe entre 19h30 et 21h30 locales (01h30 et 03h30 GMT) samedi quelque part au-dessus de la Manche», a précisé Mme Killenberg. Pilote automatique Tous les systèmes installés à bord du ballon de l’aventurier américain fonctionnent normalement depuis le départ et, passée l’excitation des premières vingt-quatre heures de vol, Steve Fossett a même pu dormir pendant six heures d’affilée la nuit dernière, a encore indiqué le porte-parole. Le «Solo Spirit» est en effet équipé cette année d’un pilote automatique qui lui permet de se maintenir à une altitude constante sans intervention humaine en déclenchant automatiquement le brûleur nécessaire au réchauffement de l’hélium du ballon. (AFP)
Le succès d’un aéronaute est avant tout affaire de souffle. Reclus depuis mercredi dans son étroite capsule, Steve Fossett a remis le sort de sa tentative de tour du monde en ballon entre les mains de vents capricieux dont il va tenter de s’attirer les bonnes grâces pour réussir, avec un brin de chance, à survoler les cinq continents. Comme le résume sans détour son adversaire de quelques heures Kevin Uliassi, qui a abandonné sa tentative jeudi peu après son départ de Loves Park (Illinois), «la météo est certainement l’élément le plus important pour la réussite d’un vol de longue distance». «Elle peut vous flanquer en l’air si vous partez trop tôt ou trop tard». Car en l’absence de propulseur et de manche à balai, c’est le vent qui fait et défait les fortunes des aéronautes. Des «autoroutes de...