M. Milutinovic, 55 ans, proche collaborateur du président yougoslave Slobodan Milosevic, exerçait depuis août 1995 les fonctions de ministre des Affaires étrangères de la République Fédérale de Yougoslavie (RFY Serbie et Monténégro).
Les députés du Parti radical (SRS, extrême-droite) ont hué le nouveau président et ont quitté la salle au moment de la prestation de serment.
Le SRS de M. Seselj refuse de reconnaître la victoire de M. Milutinovic en accusant les socialistes de fraude électorale.
Le député radical Dragan Todorovic a tenté, graphiques à l’appui, de démontrer que les socialistes avaient «volé» un grand nombre de voix, notamment dans la province du Kosovo (sud), peuplée en majorité d’Albanais qui ont boycotté le scrutin.
Le président du Parlement, le socialiste Dragan Tomic, a rétorqué que la question était sans objet, la commission électorale centrale ayant validé les résultats du scrutin.
M. Milutinovic a obtenu 59,23% des suffrages et M. Seselj 37,57%, avec 3,13% de bulletins nuls, selon les résultats officiels publiés mardi dernier.
Le taux de participation au second tour de la présidentielle, le 21 décembre, a été légèrement supérieur (50,98%) aux 50% requis pour que le scrutin soit valide. Les radicaux affirment qu’il a été atteint grâce à un bourrage des urnes par les socialistes, notamment au Kosovo.
M. Milutinovic succède à M. Milosevic, élu en juillet dernier président de la RFY après avoir dirigé la Serbie pendant sept ans.
Les radicaux sont devenus la deuxième force politique du pays à la faveur des législatives du 21 septembre. Ils détiennent 82 des 250 sièges au Parlement serbe, derrière une coalition formée par le Parti socialiste (SPS), la Gauche yougoslave (JUL, néo-communiste) et la Nouvelle démocratie (ND) qui a 110 sièges.
Le Mouvement serbe du renouveau (SPO) de Vuk Draskovic a 45 sièges, cinq petits partis ou coalitions se répartissant les 13 autres sièges. (AFP)

