«Le nombre d’admissions dans les centres nutritionnels a augmenté depuis deux ou trois mois», surtout dans le sud de Mogadiscio, où des «déplacés» sont arrivés de différentes régions, Baidoa, Kismayo ou Guedo, explique Jeylani Dini, chargé des programmes de l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’enfance) à Mogadiscio.
2.700 enfants de moins de 5 ans étaient nourris dans six centres gérés par l’organisation Action contre la faim (ACF), contre 2.400 le mois précédent, a-t-il ajouté. Le nombre de ces enfants a souvent été très supérieur, et certains responsables humanitaires font remarquer que la situation alimentaire du pays dans son ensemble est bonne.
Mais l’état de certains enfants échoués dans la capitale est déplorable et atteste de la précarité de la situation des Somaliens.
Les œdèmes font gonfler les visages, les membres et le corps, dont la peau noircit, se fendille. D’autres enfants ont la peau ridée, les jambes maigres et le ventre gros. Certains ont la gale, des diarrhées, la tuberculose.
«Prions pour que les pluies et les récoltes de cette année soient bonnes», ajoute Jeylani Dini, qui estime nécessaire une assistance alimentaire de plus grande envergure à Mogadiscio.
«Ces gens sont des nomades. Ils manquent d’eau, de nourriture, leur bétail meurt, alors ils viennent dans la capitale, en espérant trouver à manger», explique Hasha, qui travaille dans les centres nutritionnels pour une organisation non gouvernementale (ONG) somalienne.
«Avant, les gens de la ville avaient de l’argent, ils pouvaient aider leurs familles restées au village, mais à cause de la guerre, ce n’est plus le cas», poursuit-elle.
Le départ des troupes de l’ONU, de nombreuses organisations internationales et des journalistes, en mars 1995, a également tari une source de revenu pour les habitants de Mogadiscio, qui étaient nombreux à travailler pour les uns ou les autres.
Débrouillardise
Les «déplacés» sont des milliers dans la capitale, où ils s’installent dans des cabanes de fortune ou dans les nombreuses maisons abandonnées. Les bâtiments de l’ambassade de France, près du vieux port, sont devenus le «camp de réfugiés Kamaal», qui abrite environ 200 personnes venues de Kismayo (sud) en 1991.
Les hôpitaux du sud de Mogadiscio ne fonctionnent plus, parce qu’ils étaient l’année dernière sur une ligne de front. Le «Dr Hassan Jiis memorial hospital», clinique privée, reçoit quelques médicaments de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et de l’UNICEF, mais achète la plupart au marché.
Les soins sont payants, et quand les cas sont trop graves et trop nombreux, les malades ou blessés sont envoyés dans le nord, à l’hôpital Keysaney, assisté par la Croix-rouge.
Selon l’UNICEF, environ la moitié seulement des enfants vont à l’école, presque tous dans des établissements privés. Selon le principal d’une de ces écoles, beaucoup de parents n’ont pourtant plus les moyens de payer les professeurs et les frais de scolarité.
Depuis 1991, la Somalie n’a plus de gouvernement et ses habitants ont appris à se débrouiller sans.
Le port et l’aéroport international de Mogadiscio sont fermés, mais des petits ports privés sont utilisés dans la capitale, qui reçoit aussi ses denrées du port de Merca, à environ 200 km au sud. Les aérodromes ne manquent pas non plus et fonctionnent avec taxes et service d’immigration. (AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine