A l’heure d’Internet et des communications instantanées, plus la peine de se livrer à l’harassante corvée des vœux: une carte, un timbre, un stylo et beaucoup de salive… Avec les cartes virtuelles, un simple clic de souris suffit désormais. Et le filon connaît pour la première fois cette année un succès phénoménal.
«Il y a une très forte demande pour ces petits gadgets téléchargeables que l’on peut envoyer à ses amis», relève James Everard, fondateur de l’agence de publicité britannique en ligne Codehammer et concepteur des pères Noël coquins.
Les «Message Mates», ces petites animations d’écran, s’arrachent aujourd’hui comme des petits pains sur le réseau mondial.
A tel point qu’avec plus d’un million de demandes par jour, Codehammer a dû délocaliser le téléchargement gratuit de sa carte de vœux virtuelle vers une trentaine de sites-miroirs à travers le monde, pour éviter le blocage de son propre serveur.
«En deux semaines, notre agence a réussi à acquérir une notoriété mondiale», se félicite James Everard, qui envisage déjà de nouvelles animations, pour la Saint-Valentin cette fois.
Les grands éditeurs de cartes de vœux se sont lancés à leur tour sur ce marché. La société Hallmark vient ainsi de s’allier au numéro un mondial des logiciels, Microsoft, pour mettre à disposition du public — gratuitement, dans un premier temps — plus de 1.700 cartes de vœux électroniques sur le Net.
Et ça marche. Depuis deux semaines, ils sont plus de 5 millions d’internautes à visiter chaque jour la boutique virtuelle du fabricant, souligne une porte-parole de la firme, Kathi Mishek.
Cyberboutiques
American Greetings, le grand concurrent d’Hallmark, a lui aussi choisi de proposer sur le Net des cartes électroniques animées pour la somme de 1,95 dollar l’unité.
Outre les cartes de vœux, les fabricants proposent aussi au consommateur des «cyberboutiques», où tout un chacun peut, grâce à des systèmes de paiement sécurisé par carte bancaire, faire ses emplettes de fin d’année: cadeaux, décorations de Noël, le tout emballé et livré à domicile.
Beaucoup de sociétés ont pris le train en marche. Ainsi, Cyberweb, un fournisseur de services basé à Los Angeles (Californie), a décidé d’étoffer son site «Santa Claus Online» en proposant à ses usagers un service de «shopping» en ligne.
Au départ, explique un de ses responsables Andrew Lambos, le site se limitait à offrir une réponse automatisée aux lettres des enfants au père Noël.
«Depuis août 1997, la fréquentation a subitement augmenté sur notre site. Nous avons décidé de passer à la vitesse supérieure», explique M. Lambros qui chiffre ses profits en «milliers de dollars».
Encore freiné par le manque de confiance des usagers, le système de paiement sécurisé par carte bancaire connaît aux Etats-Unis un important essor. Plusieurs études montrent que les achats des foyers américains sur le Net continuent de progresser.
D’après les prévisions d’un institut de recherche en marketing, The Yankee Group, les achats des foyers américains pour les seules fêtes de fin d’année via Internet devraient s’élever à 800 millions de dollars en 1997, soit environ un tiers du chiffre d’affaires total de l’année, avec 2,74 milliards de dollars, contre 730 millions de dollars pour l’ensemble de 1996. (AFP)


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