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Actualités - Chronologie

Victimes des Taliban, des réfugiés afghans sont devenus troglodytes

Les Taliban ont poussé des centaines de familles hazara vers Bamyan (centre du pays) où elles vivent dans des grottes creusées il y des siècles par des moines bouddhistes.
Plus d’un millier de personnes vivent désormais dans un véritable village troglodyte venu du fond des âges et creusé à l’ombre tutélaire de deux bouddhas géants, de 52 et 38 mètres de haut, sculptés aux 2e et 3e siècles dans un mur de l’Hindou Kouch qui surplombe la ville.
Une famille occupe en général deux «pièces» de ce village escarpé. Une grotte où vit la famille et une autre qui sert de remise avec quelques outils et le bois de chauffage. Le sol de l’habitation, obstruée par un mur de terre séchée, est propre et sec. Peu de mobilier, à l’exception d’un vieux poêle à bois qui assure une température constante. Sur le sol, des tapis molletonnés et rapiécés sur lesquels dorment les membres de la famille.
Khadija, 35 ans, vit dans l’un de ces abris avec son mari, unijambiste depuis qu’il a sauté sur un mine, et ses trois enfants. Elle a quitté Kaboul il y a deux mois à cause des Taliban (étudiants en théologie, maîtres de la capitale).
«Les Hazara sont très mal traités par les Taliban», affirme-t-elle, en assurant qu’ici «au moins» elle se sent en sécurité.
La province de Bamyan est le bastion traditionnel des Hazara, la minorité chiite afghane.
Aide alimentaire
de base

Le Hezb-i-Wahdad, le principal mouvement, a défendu avec succès depuis près d’un an le pays des Hazara, contre les assauts de la milice religieuse des Taliban, les intégristes sunnites.
Le Hezb-i-Wahdad, est l’un des plus puissants mouvements afghans de la coalition anti-Taliban, qui comprend aussi les ouzbeks du général Abdul Rachid Dostam, et les tadjiks de l’ancien président Burhanuddin Rabbani et du commandant Ahmed Massoud.
Sogara, une femme de 35 ans, vieille avant l’âge, partie de Kaboul il y a un mois avec ses sept enfants, est ici depuis une semaine seulement.
Ce sont les responsables des Nations Unies qui s’occupent de cette population, administrativement «personnes déplacées de l’intérieur». Ce sont pour la plupart des Hazara, mais quelques-uns sont aussi d’origine tadjik.
«Nous mangeons des pommes de terre trois fois par jour», dit Khadija. «Il y a longtemps que nous n’avons pas mangé de viande», ajoute-t-elle.
Toutes ces familles survivent en effet avec une aide alimentaire de base fournie par les Agences spécialisées des Nations Unies.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a commencé à fournir de l’aide à ces familles au mois dernier. Le PAM a distribué à chaque famille 150 kg de pommes de terre, achetées sur le marché local. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) prendra le relais dans les prochains mois si cela s’avère nécessaire.
L’hiver, en effet dans cette vallée glacée et venteuse de Bamyan, est particulièrement rude et éprouvant pour les personnes les plus démunies. La température peut en effet y tomber à moins de 20 degrés pendant plusieurs semaines alors que la neige recouvre tout.
Le PAM a lancé un pont aérien pour fournir d’urgence de la nourriture à 160.000 personnes dans une situation très précaire et qui risquent d’être à court de nourriture dans les prochaines semaines.
Il envisage de poursuivre son pont aérien lancé à partir de Peshawar (nord-ouest du Pakistan) aussi longtemps que la météo le lui permettra. (AFP)
Les Taliban ont poussé des centaines de familles hazara vers Bamyan (centre du pays) où elles vivent dans des grottes creusées il y des siècles par des moines bouddhistes.Plus d’un millier de personnes vivent désormais dans un véritable village troglodyte venu du fond des âges et creusé à l’ombre tutélaire de deux bouddhas géants, de 52 et 38 mètres de haut, sculptés aux 2e et 3e siècles dans un mur de l’Hindou Kouch qui surplombe la ville.Une famille occupe en général deux «pièces» de ce village escarpé. Une grotte où vit la famille et une autre qui sert de remise avec quelques outils et le bois de chauffage. Le sol de l’habitation, obstruée par un mur de terre séchée, est propre et sec. Peu de mobilier, à l’exception d’un vieux poêle à bois qui assure une température constante. Sur le sol, des...