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Actualités - Chronologie

Les Bouddhas de Bamyan à la merci de l'obscurantisme (photo)

Les deux bouddhas géants qui surplombent Bamyan (centre du pays) depuis près de 2000 ans risquent plus de l’indifférence et l’abandon que des rodomontades d’un obscur chef taliban qui a menacé il y a quelques mois de les faire sauter.

Ces deux bouddhas sculptés au 2e et au 3e siècle dans le grès rosâtre de la muraille montagneuse qui borde Bamyan au nord mesurent en effet 55m et 38m, des tailles qui en font les plus grands du monde.
Mais l’abandon dans lesquels ils se trouvent représentent la plus grave menace qui pèse sur eux. Déjà, les fresques qui décoraient les niches les abritant ainsi que les grottes creusées dans la falaise par des moines bouddhistes au 5e et 6e siècles ont presque totalement disparues.
Ces deux bouddhas ont longtemps été l’objet d’un puissant culte de la part de pèlerins venus de toute l’Asie bouddhiste. Ils ne sont plus, désormais, que le terrain de jeu préféré des enfants de Bamyan qui les escaladent au mépris de tous les dangers.
Quant aux centaines de grottes et salles rupestres qui font ressembler la falaise à un véritable fromage de gruyère, elles sont occupées souvent par des réfugiés Hazaras qui ont fui les combats qui ravagent l’Afghanistan depuis près de 20 ans.
Si les deux statues colossales déjà considérablement mutilées ont gardé leurs têtes, les visages — yeux, nez, bouches et oreilles — ont été détruits au fil des siècles après l’arrivée de l’islam dans cette vallée de l’Indou Kouch.
Pourtant, l’originalité de ces géants de pierre ne réside pas uniquement dans leur taille qui coupe le souffle.
Les bouddhas sont en effet vêtus de longues toges grecques plissées qui en font un exemple unique de syncrétisme stylistique de l’Inde classique, de la Grèce alexandrine (Alexandre le Grand a envahi cette région de 334 à 327 avant JC) et de l’Asie centrale dénommé l’art gandhara qui a fleuri dans toute la région jusqu’au nord du Pakistan.
Ces bouddhas qui n’ont rien demandé à personne pendant deux millénaires ont surgi dans l’actualité quand un commandant de la milice intégriste des Taliban, particulièrement obscurantiste, a menacé de les faire sauter.
Abdul Wahid menait l’offensive contre les troupes du Hezb-i-Wahdat, la milice des Hazaras chiites, le 17 avril dernier dans la vallée du Gorbang qui commande l’accès à la vallée de Bamyan, le bastion de ce mouvement qui fait partie de la coalition anti-Taliban.
Au beau milieu des combats, le commandant de la milice des «étudiants en théologie» au pouvoir à Kaboul a annoncé qu’en cas de succès, il ferait dynamiter les deux bouddhas qui représentent un Afghanistan pré-islamique, sans intérêt, selon lui. «Ces statues ne sont pas islamiques et nous devons les détruire», a-t-il dit.
De plus, les Taliban ont interdit toute représentation humaine — sculpture, peinture, photographie ou poupée enfantine — dans les zones qu’ils contrôlent, comme contraire aux préceptes de l’islam.
Gros émoi dans la communauté internationale: de l’UNESCO au Sri Lanka des voix se sont élevées pour sommer les Taliban de respecter et préserver ces chefs-d’œuvre.
Dans un premier temps, le mollah Amir Khan Muttaqi, «ministre» de la Culture et de l’Information du régime des Taliban commençait à faire marche arrière et annonçait qu’aucune décision n’avait encore été prise. C’est du chef suprême du mouvement intégriste, le mollah Omar qu’est venue la sanction finale. Le «Commandeur des Croyants» rejetait l’idée de détruire les bouddhas car «ils ne sont pas l’objet d’un culte religieux».
Depuis, l’offensive des Taliban contre le Hazarajat a tourné court, mais les voix qui se sont élevées contre cette menace seraient bien inspirées de poursuivre leur croisade pour assurer le sauvetage de ces paisibles colosses sans visages, a souligné un responsable du Hezb. (AFP)
Les deux bouddhas géants qui surplombent Bamyan (centre du pays) depuis près de 2000 ans risquent plus de l’indifférence et l’abandon que des rodomontades d’un obscur chef taliban qui a menacé il y a quelques mois de les faire sauter.Ces deux bouddhas sculptés au 2e et au 3e siècle dans le grès rosâtre de la muraille montagneuse qui borde Bamyan au nord mesurent en effet 55m et 38m, des tailles qui en font les plus grands du monde.Mais l’abandon dans lesquels ils se trouvent représentent la plus grave menace qui pèse sur eux. Déjà, les fresques qui décoraient les niches les abritant ainsi que les grottes creusées dans la falaise par des moines bouddhistes au 5e et 6e siècles ont presque totalement disparues.Ces deux bouddhas ont longtemps été l’objet d’un puissant culte de la part de pèlerins venus de toute...