Parmi les «petits» candidats, le seul un peu connu est Kwon Young-Kil (55 ans), le syndicaliste à l’origine des grandes grèves de l’hiver dernier.
Politique de frugalité oblige, les candidats ont renoncé aux grands meetings électoraux qui caractérisaient les précédentes campagnes, au profit de la télévision et de courtes visites de terrain. De l’admission même de Kim Dae-Jung, qui en est à sa quatrième (et probablement) dernière tentative, cette campagne a été la plus démocratique de toutes.
La télévision a ouvert largement son antenne aux trois candidats de tête. Pour la première fois dans l’histoire électorale du pays, MM. Kim, Lee et Rhee ont débattu en direct. A trois reprises. Mais les trois hommes se sont bien gardés d’exposer ce que pourrait être leur politique économique, alors que la Corée doit faire face à une crise d’une ampleur sans précédent.
Après avoir laissé entendre qu’ils pourraient redemander une renégociation de l’accord avec le FMI, vécu comme une humilitation nationale, les candidats ont dû solennellement affirmer le contraire, en raison de la brutale dégradation de la situation économique du pays.
Des attaques personnelles
Dès lors, le débat s’est largement résumé à des attaques personnelles.
Ses détracteurs ont lourdement souligné l’âge de M. Kim. Comme lors de ses précédentes tentatives, la rumeur a cherché à en faire le candidat de Pyongyang, malgré la tonalité nettement plus conservatrice de sa campagne.
A M. Lee, qui fut un éphémère premier ministre de Kim Young-Sam, on a reproché son long engagement aux côtés d’un président aujourd’hui totalement discrédité. A son image de «Monsieur Propre», ses adversaires ont opposé la dispense de service militaire dont ont bénéficié ses deux fils.
M. Rhee est critiqué pour son opportunisme qui le pousse à cultiver une vague ressemblance avec l’ancien dictateur Park, symbole d’une époque où les choses étaient plus simples. En divisant le vote conservateur, il risque de servir la présidence sur un plateau à M. Kim, craint-on.
Ces propos de campagne ont laissé nombre de Coréens sur leur faim et le quotidien anglophone Korea Times décelait récemment «un désenchantement généralisé vis-à-vis de tous les candidats».
La Commission électorale estime à 24% le nombre des électeurs susceptibles ne pas aller voter, ce qui est très élevé pour la Corée. Le jour des élections est férié dans la péninsule et, lors de la dernière présidentielle, la participation avait dépassé les 89%.
La proportion des indécis est particulièrement élevée dans le Grand Séoul, qui concentre 45% des 32,3 millions d’électeurs sud-coréens et les candidats ont consacré les dernières heures de la campagne à battre le rappel des électeurs dans les villes-dortoirs qui ceinturent la capitale.
Les derniers sondages publiés il y a trois semaines, avant le début de la campagne électorale, donnaient MM. Kim et Lee au coude à coude, avec un léger avantage pour le premier, M. Rhee paraissant distancé. (AFP)

