Le chef de la Commission spéciale de l’ONU chargée du désarmement de l’Irak (UNSCOM) a eu avant son départ un dernier entretien avec le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz, chargé du dossier des relations avec l’ONU, a-t-on appris de source proche de l’ONU.
M. Butler avait annoncé lors d’une conférence de presse lundi soir que Bagdad persistait dans son refus d’autoriser les experts de l’ONU à inspecter les palais présidentiels mais qu’il allait leur faciliter l’accès à d’autres sites dits «sensibles».
Le chef de l’UNSCOM était arrivé vendredi à Bagdad pour demander notamment à l’Irak de permettre aux experts de pénétrer partout où ils le jugent nécessaires, à la recherche d’armes prohibées.
«La partie irakienne a insisté sur le fait que nous ne serions jamais autorisés à inspecter les sites présidentiels», a indiqué M. Butler. L’Irak a même refusé de lui fournir la liste de ces sites, arguant que cela «pourrait aider ceux qui veulent bombarder l’Irak à le faire avec plus de précision», a-t-il ajouté.
«Maintenant, c’est au Conseil de Sécurité de décider» de l’attitude à adopter, a dit M. Butler, qui doit présenter jeudi son rapport au Conseil.
Il a indiqué avoir averti M. Aziz que le refus de l’Irak contrevenait aux décisions «du Conseil de Sécurité qui demande que l’UNSCOM soit autorisée à se rendre n’importe où et n’importe quand» et que son attitude «pourrait causer des problèmes».
M. Butler a cependant affirmé être parvenu «à un accord avec l’Irak sur les moyens de rendre l’accès plus facile» aux inspecteurs de l’ONU sur les autres sites, dont ceux qualifiés de «sensibles» par l’Irak.
«Nous avons convenu de classer les sites en catégories allant des sites normaux aux sites sensibles puis aux sites présidentiels», a-t-il expliqué.
«Je suis convaincu qu’à l’avenir nous pourrons mener nos inspections dans les sites normaux sans restrictions et pour les sites sensibles, avec plus de facilité que par le passé», a-t-il dit.
M. Butler a par ailleurs indiqué qu’il n’y avait «pas eu de progrès» dans ses discussions avec la partie irakienne au sujet des armes biologiques, alors qu’il attendait de l’Irak un rapport complet sur ces armes.
Avant son départ hier matin, le chef de l’UNSCOM a rencontré une quarantaine de diplomates accrédités à Bagdad, pour leur exposer les résultats de sa mission, a-t-on appris de source diplomatique. M. Butler avait déjà rencontré le corps diplomatique samedi au lendemain de son arrivée.
Il s’est ensuite rendu à l’aéroport de Habbaniya, à l’ouest de Bagdad, d’où il a pris un vol pour Bahrein, base arrière des missions de l’UNSCOM.
M. Butler a indiqué qu’il reviendrait à Bagdad le 19 janvier pour poursuivre ses entretiens avec les responsables irakiens. (AFP)

