La présence française dans cette région date de plus d’un demi-siècle, bien avant les relations diplomatiques établies en 1971 lorsque la fédération émiratie a été formée et mettait fin au protectorat britannique.
Le groupe pétrolier français Total a fait son entrée aux Emirats en 1939, lorsque l’Iraq Petroleum Company, dans laquelle la Compagnie française des pétroles était actionnaire, obtenait en concession les territoires de ce qui était connu à l’époque comme la Côte de la Trêve.
Aujourd’hui, Total est la plus importante société pétrolière étrangère dans les Emirats, qui recèlent 9,9% des réserves mondiales de brut.
La France occupe également une position dominante dans le domaine de la défense, l’armée émiratie étant équipée à plus de 70% de matériel français. Abou Dhabi a acheté, en 1993, 436 chars Leclerc pour 23 milliards de francs (4 mds USD), devenant le premier client étranger de ce char ultramoderne.
Les opportunités d’affaires demeurent très importantes au niveau militaire, comme l’atteste la forte présence de l’industrie de l’armement française — Dassault, Matra, Thomson-CSF, Aérospatiale, Snecma et Giat — dans la délégation accompagnant M. Chirac.
Les industriels français espèrent conclure à l’occasion de cette visite présidentielle des contrats de près de 15 milliards de francs (2,5 mds USD) pour la vente de 27 Mirage 2000 et la modernisation de 33 autres déjà en service aux Emirats.
Dassault espère en outre vendre à la Fédération son avion de combat de quatrième génération «Rafale» dans les prochaines années, un projet de 6 à 8 milliards de dollars pour 80 appareils. Les autres concurrents sont le F-16 de l’américain Lockheed Martin et l’Eurofighter européen.
La France et les Emirats sont liés depuis janvier 1995 par un accord de défense qui permet à Abou Dhabi de faire appel au soutien militaire français et prévoit une coopération entre leurs services de renseignements. (AFP)

