Tous les instruments techniques sont en effet en place pour permettre le démarrage de l’euro dans les meilleures conditions.
Sur le plan technique, la Banque centrale européenne (BCE), dont les dirigeants seront nommés, au plus tard, en mai 1998, sera chargée de la gestion quotidienne de l’euro. Elle devra en particulier surveiller le niveau de l’inflation dans tous les pays membres de l’euro.
Sur le plan politique, deux instances sont en place pour encadrer le travail quotidien de la Banque centrale européenne. Le Conseil des ministres européens des Finances sera chargé de prendre toutes les décisions en matière de coordination économique qui sera sensiblement renforcée entre les pays de l’Union à partir du lancement de l’euro.
Cette coordination renforcée inclut, notamment, une surveillance étroite de l’évolution macroéconomique dans les quinze Etats membres de l’UE, une surveillance des situations et politiques budgétaires ainsi que des politiques structurelles.
C’est là que s’insère le fameux Conseil de l’euro, dont la création proposée par Paris et Bonn a finalement été acceptée vendredi par les Quinze.
Le Conseil de l’euro sera un organe informel et non décisionnel mais qui discutera de toutes les questions concernant la gestion de la monnaie unique.
Il sera réservé aux pays de la zone euro pour tout ce qui concerne les questions spécifiques à la monnaie unique. Il s’agira notamment des relations de change entre l’euro et les autres monnaies (dollar, yen, autres monnaies européennes), de l’application du pacte de stabilité budgétaire qui prévoit des sanctions financières pour les pays qui ne respectent pas la discipline budgétaire imposée par le traité de Maastricht ainsi que des caractéristiques des pièces de l’euro.
Mais selon le ministre français de l’Economie et des Finances Dominique Strauss-Kahn, cette liste ne sera pas limitative et pourra concerner tous les sujets d’actualité qui préoccupent les pays membres de l’euro.
Le compromis trouvé à Luxembourg permet toutefois au premier ministre britannique Tony Blair, qui voulait une place réservée dans ce Conseil de l’euro pour les pays non membres de l’euro, de sauver la face.
Pour tous les sujets d”intérêt commun, les pays non-euro (sûrement la Grande-Bretagne, la Suède, le Danemark et la Grèce) seront soit invités, soit pourront demander à ce que ces questions soient traitées à Quinze par les ministres européens des Finances.
Matériellement, ces réunions regrouperont selon toute vraisemblance les onze pays (France, Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Irlande, Autriche, Espagne, Italie, Portugal et Finlande) qualifiés pour la monnaie unique. Elles se tiendront à partir de janvier 1999 probablement à la veille des réunions mensuelles des ministres des Finances de l’UE.
Reste maintenant aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE à adopter officiellement le 2 mai 1998 la liste des pays qualifiés pour l’euro, sur la base des recommandations de la Commission européenne et de l’Institut monétaire européen de Francfort.
Selon les experts, onze pays devraient arriver à limiter en 1997 leur déficit public à 3% du produit intérieur brut, principal critère économique fixé par le traité de Maastricht pour passer à la monnaie unique.
Trois pays (Grande-Bretagne, Suède et Danemark) ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne voulaient pas participer à l’euro dès le début alors que les performances économiques de la Grèce ne lui permettront pas de se qualifier. (AFP)

