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Actualités - Chronologie

Iran : colère intégriste après la projection d'un film

La projection d’un film iranien dans deux villes de province a provoqué la colère des milieux intégristes, qui à plusieurs reprises au cours des derniers jours ont empêché sa projection, a-t-on appris samedi dans les milieux culturels à Téhéran.
«Adam Barfi» (l’homme de neige) est le titre d’un film controversé de Davoud Mir-Bagheri, qui a été tourné en Turquie et dans la communauté iranienne mondaine d’Istanbul.
Ce film, longtemps interdit de projection en Iran, avait reçu l’autorisation d’être projeté sous l’impulsion du nouveau ministre de la Culture et de l’Orientation islamique, le modéré ayatollah Mohadjerani, un proche du président Mohammad Khatami.
Depuis l’élection de M. Khatami à la magistrature suprême en mai dernier, la vie culturelle iranienne connaît une certaine détente et un certain apaisement.
Dans «l’homme de neige», M. Mir-Bagheri retrace l’histoire douloureuse et le désarroi des Iraniens en Turquie qui attendent un visa pour les Etats-Unis.
Pour pouvoir obtenir «un visa pour les USA», l’un d’entre eux, un personnage naïf venant de la région azerbaïdjanaise d’Iran, «fait n’importe quoi et finit par se déguiser en femme».
«Adam Barfi» évoque le désespoir et le désarroi des Iraniens qui vivent à l’étranger, notamment en Turquie, depuis la révolution islamique de 1979.
Ce film est actuellement sur les écrans à Téhéran, mais sa projection a été empêchée à plusieurs reprises au cours des derniers jours, a-t-on ajouté de même source.
A Ispahan (centre), un groupe d’intégristes en colère a même retiré les affiches du film et causé quelques dégâts à l’établissement où il devait être projeté.
La sortie du film à Chiraz (sud) a suscité la colère des intégristes qui ont protesté ces derniers jours contre la «qualité médiocre, dépravée et anti-islamique» du film.
Les autorités imposaient jusque-là des critères stricts à la soixantaine de films tournés en Iran chaque année, bannissant les femmes non voilées et les plans trop rapprochés de visages féminins, toute image d’un contact physique entre hommes et femmes, ou encore toute critique même indirecte de la religion.
Depuis cet été, les nouveaux responsables cinématographiques iraniens commencent à desserrer l’étau autour du 7e art en République islamique.
Le nouveau directeur du cinéma iranien, M. Seifollah Dad, ne cesse de promettre d’alléger les mesures bureaucratiques imposées par le département du cinéma relevant du ministère de la Culture et de donner au secteur cinématographique un caractère beaucoup plus «culturel et responsable».
M. Dad, lui-même metteur en scène professionnel, a été nommé à ce poste en août dernier par M. Mohadjerani.
Ce choix a été chaleureusement applaudi dans les milieux professionnels du cinéma qui souffraient de diverses restrictions étouffantes depuis plusieurs années. (AFP)
La projection d’un film iranien dans deux villes de province a provoqué la colère des milieux intégristes, qui à plusieurs reprises au cours des derniers jours ont empêché sa projection, a-t-on appris samedi dans les milieux culturels à Téhéran.«Adam Barfi» (l’homme de neige) est le titre d’un film controversé de Davoud Mir-Bagheri, qui a été tourné en Turquie et dans la communauté iranienne mondaine d’Istanbul.Ce film, longtemps interdit de projection en Iran, avait reçu l’autorisation d’être projeté sous l’impulsion du nouveau ministre de la Culture et de l’Orientation islamique, le modéré ayatollah Mohadjerani, un proche du président Mohammad Khatami.Depuis l’élection de M. Khatami à la magistrature suprême en mai dernier, la vie culturelle iranienne connaît une certaine détente et un...