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Actualités - Chronologie

Droits de l'homme : les Etats-Unis aussi sur la sellette

Les Etats-Unis, grands pourfendeurs des violations des droits de l’homme dans le monde, devraient prêter plus d’attention aux abus commis sur leur sol, estiment plusieurs organisations à l’occasion du 50e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme.
Relevant les déclarations du président Clinton à New York selon lesquelles faire «avancer la cause des droits de l’homme doit toujours être un pilier central de la politique étrangère des Etats-Unis», plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ont indiqué à Washington que l’Amérique devrait aussi balayer devant sa porte.
«Le gouvernement américain est incroyablement à contre-courant dans ce domaine», a notamment déclaré Curt Goering, directeur d’Amnesty International pour les Etats-Unis lors d’une conférence de presse.
Il a souligné que les Etats-Unis n’ont pas signé plusieurs conventions internationales importantes, dont celles sur l’interdiction des mines antipersonnel ou sur l’élimination de toutes formes de discrimination contre les femmes.
«En plein milieu des commémorations du 50e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, les exécutions de condamnés à mort se poursuivent aux Etats-Unis, de même que les brutalités policières ou le mauvais traitement des prisonniers», a-t-il dit.
«Les Etats-Unis prétendent être un modèle pour le reste du monde, le président Clinton nous parle de la Bosnie, mais nous devons combattre la discrimination et ses conséquences dans notre pays, notamment contre les minorités raciales ou les pauvres», a estimé pour sa part Lyn Beth Neylon, directeur de l’organisation Human Rights USA.

Les droits des enfants

«Des violations des droits de l’homme se produisent ici aux Etats-Unis, dans nos quartiers, dans nos écoles, sur nos lieux de travail», a-t-elle ajouté.
Dans son rapport présenté la semaine dernière, l’organisation Human Rights Watch a relevé pour sa part qu’au cours de l’année 1997, «les violations des droits de l’homme liées à l’immigration, aux brutalités policières, aux conditions de détention, à la peine de mort se sont poursuivies aux Etats-Unis».
Human Rights Watch a ainsi souligné que les «droits de centaines d’enfants retenus par les services d’immigration en Californie et en Arizona» sont systématiquement violés et que des violations des droits de l’homme — coups de feu injustifiés, violences sexuelles, matraquages — continuent d’être commises régulièrement par les patrouilles américaines à la frontière du Mexique.
En outre, note Human Rights Watch, les Etats-Unis continuent, «contrairement à la tendance internationale», à appliquer de manière intensive la peine capitale: 73 personnes ont été exécutées en 1997 aux Etats-Unis, une année record, puisqu’il faut remonter à 1955 pour trouver un nombre supérieur d’exécutions (76).
Les Etats-Unis font en outre partie — avec l’Iran, le Nigéria, le Pakistan, l’Arabie Séoudite et le Yémen — des pays qui exécutent des condamnés pour des crimes commis avant l’âge de 18 ans.
Selon un sondage réalisé par Human Rights USA à l’occasion du 50e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, seule une infime minorité d’Américains — 8% d’adultes et 4% de jeunes — connaît l’existence et les principes exposés dans ce document.
Après avoir été informée de l’existence et du contenu de la déclaration, une écrasante majorité d’Américains (83% des personnes interrogées) estiment que leur pays devrait faire plus dans ce domaine. (AFP)
Les Etats-Unis, grands pourfendeurs des violations des droits de l’homme dans le monde, devraient prêter plus d’attention aux abus commis sur leur sol, estiment plusieurs organisations à l’occasion du 50e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme.Relevant les déclarations du président Clinton à New York selon lesquelles faire «avancer la cause des droits de l’homme doit toujours être un pilier central de la politique étrangère des Etats-Unis», plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ont indiqué à Washington que l’Amérique devrait aussi balayer devant sa porte.«Le gouvernement américain est incroyablement à contre-courant dans ce domaine», a notamment déclaré Curt Goering, directeur d’Amnesty International pour les Etats-Unis lors d’une conférence de presse.Il...