Ce Conseil de l’euro, dont les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont décidé la création à Luxembourg, sera un organe informel et non décisionnel, chargé de coordonner les politiques économiques et budgétaires des pays membres de l’euro après son lancement, le 1er janvier 1999.
L’accord reconnaît aux pays membres de l’euro le droit de se réunir pour discuter de problèmes qui leur sont spécifiques. S’il y a des sujets d’intérêt commun discutés au sein de ce Conseil, il sera possible d’inviter les pays non-euros, c’est-à-dire en l’état actuel des choses la Grande-Bretagne, la Suède, le Danermark et la Grèce.
Toutefois, toutes les décisions ne pourront être prises qu’à quinze, c’est à dire lors des réunions du Conseil des ministres des finances de l’UE.
«C’est un peu inespéré» a commenté le ministre français de l’Economie et des Finances, Dominique Strauss-Kahn. «Nous avons eu une résolution du Sommet européen, ce à quoi je ne m’attendais pas il y a quelques semaines» a-t-il précisé.
Parallèlement à la création de ce Conseil de l’euro, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE se sont entendus pour lancer le processus d’élargissement avec les dix pays candidats d’Europe de l’Est et Chypre.
Partenariats d’adhésion
Des négociations d’adhésion s’ouvriront début 1998 avec les six plus avancés (Pologne, République tchèque, Hongrie, Slovénie, Estonie et Chypre). Les cinq autres, qui commenceront le processus d’élargissement mais devront patienter pour commencer les véritables négociations d’adhésion sont la Bulgarie, la Roumanie, la Lituanie, la Lettonie et la Slovaquie.
Ces derniers, qui participeront comme les autres à des «partenariats d’adhésion», pourront ensuite rejoindre le train des négociations en fonction des leurs progrès. Des rencontres annuelles auront lieu entre les dirigeants de ces pays et l’UE pour évaluer l’état de ces progrès.
Ces négociations d’adhésion pourraient durer une dizaine d’années pour certains de ces pays.
Ce processus n’inclut pas la Turquie, premier pays candidat à l’UE depuis 1963, qui a été écartée de cette première vague faute d’avoir satisfait aux critères politiques, comme la mise en place de véritables structures démocratiques et le respect des droits de l’homme.
Plus encore, l’UE reproche à la Turquie d’entretenir de mauvaises relations avec son voisin grec, pourtant membre comme elle de l’OTAN, et d’empêcher une solution politique à Chypre, divisée depuis 1974.
Furieuse d’avoir été écartée, la Turquie a claqué la porte entre-ouverte de l’Europe en dédaignant un dîner samedi avec la présidence luxembourgeoise de l’UE, après la clôture du Sommet européen.
En dépit de ce geste de mauvaise humeur, l’ensemble des pays européens convient qu’il est politiquement difficile d’exclure la Turquie de la «famille européenne» malgré les sérieuses questions que ne manquerait pas de soulever son adhésion.
La France, soutenue par l’Allemagne, a proposé «une conférence européenne» qui regrouperait les onze pays candidats et la Turquie pour discuter de tous les intérêts communs aux 15 + 12, selon Bonn et Paris. Une conférence vidée de sa substance si la Turquie n’y est pas, craint le commissaire européen chargé notamment de l’élargissement, Hans Van Den Broek. (AFP)

