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Actualités - Chronologie

Roule Britannia


La reine Elisabeth II a fait jeudi ses adieux au «Britannia», en arpentant une dernière fois les coursives de ce magnifique navire, s’apprêtant à une retraite dorée à Edimbourg ou Manchester après avoir effectué quarante fois le tour du monde.
Pour ce désarmement officiel dans le port de Portsmouth, les 255 membres d’équipage ont méticuleusement astiqué, comme chaque jour depuis quarante-quatre ans, les moindres boutons de portes et boulons tout au long des 135 mètres du yacht royal, retiré de la navigation pour des raisons d’âge et d’économie.
Cette ultime journée «en famille» réunissait pas moins de 14 membres de la famille royale. Autour de la reine, qui fut la dernière jeudi à quitter le navire, son époux le prince Philip d’Edimbourg et leurs quatre enfants Charles, Andrew, Anne et Edward ont foulé avec nostalgie les parquets cirés du luxueux bateau.
La princesse Anne, plutôt réservée habituellement, avait laissé percer son chagrin en espérant que le navire serait envoyé par le fond plutôt que d’être transformé en une vulgaire entreprise commerciale.
Le «Britannia» survivra malgré ce vœu et ira finir ses jours à Manchester ou Edimbourg, a annoncé le ministère de la Défense, qui se prononcera au printemps prochain entre les deux projets.
A Edimbourg, le yacht, ancré dans le port de Leith, serait utilisé pour les réceptions des grandes entreprises ou pour des visites d’Etat, avec des ouvertures régulières au public.
Le projet de Manchester prévoit d’installer le «Britannia» dans le canal de la cité sur un site historique, à Trafford Park, à l’ouest de la ville. Un complexe commercial et de loisirs serait construit à côté.
Jeudi, la reine a écouté une dernière fois les 27 membres de l’orchestre royal en tenue de grand apparat lui jouer des airs interprétés mille fois depuis le lancement du «Britannia», le 16 avril 1953 aux chantiers, navals écossais de Clydebank.
Elle s’est rappelée peut-être le soin qu’elle avait pris avec Philip à choisir la décoration intérieure, résolument «années 50», ou jeté un regard sur les souvenirs accumulés: un fanon de baleine trouvé par Philip, une épée ou encore une table à café en cuivre achetées lors de voyages à l’étranger.
Elle a souri peut-être au souvenir de la réflexion du général américain Norman Scharzkopf, qui, après avoir visité la salle des machines rutilante s’était exclamé: «OK, j’ai vu le musée. Maintenant, où se trouve la salle des machines?».
Le «Britannia», dernier symbole de trois siècles de tradition monarchique, avait été initialement construit pour servir à la fois en temps de paix de yacht royal, et en temps de guerre d’hôpital pouvant accueillir 200 patients.
Mais cette fonction ne sera jamais remplie, le navire étant apparu très vite peu pratique pour ce genre d’opérations.
Son dernier voyage historique, hormis une tournée d’adieu en Grande-Bretagne, aura été à Hong Kong. C’est à son bord que le prince Charles et le dernier gouverneur britannique de la colonie, Chris Patten, ont quitté Hong Kong le 1er juillet dernier, après avoir assisté à sa rétrocession à la Chine. (AFP)
La reine Elisabeth II a fait jeudi ses adieux au «Britannia», en arpentant une dernière fois les coursives de ce magnifique navire, s’apprêtant à une retraite dorée à Edimbourg ou Manchester après avoir effectué quarante fois le tour du monde.Pour ce désarmement officiel dans le port de Portsmouth, les 255 membres d’équipage ont méticuleusement astiqué, comme chaque jour depuis quarante-quatre ans, les moindres boutons de portes et boulons tout au long des 135 mètres du yacht royal, retiré de la navigation pour des raisons d’âge et d’économie.Cette ultime journée «en famille» réunissait pas moins de 14 membres de la famille royale. Autour de la reine, qui fut la dernière jeudi à quitter le navire, son époux le prince Philip d’Edimbourg et leurs quatre enfants Charles, Andrew, Anne et Edward ont foulé...