L’accord recherché a pour objet de supprimer la grande majorité des barrières qui empêchent les banques et les compagnies d’assurance de s’implanter sur des marchés étrangers.
Actuellement, une banque ne peut pas s’installer et faire les opérations qui lui conviennent dans de nombreux pays. Beaucoup d’Etats exigent par exemple que le capital de toute banque installée sur leur sol reste majoritairement dans les mains d’intérêts nationaux.
Autre exemple, ils n’autorisent pas des banques étrangères à participer aux émissions de bons du Trésor du gouvernement ou bien ils ne reconnaissent la validité d’un contrat d’assurance que si celui-ci a été conclu avec une compagnie d’assurance locale.
Une concurrence accrue dans le secteur des banques et des assurances devrait signifier plus de choix et de meilleurs prix pour les consommateurs, ont estimé différentes associations de consommateurs et de fédérations de banques interrogées.
La signature d’un accord international à Genève aura cependant avant tout un impact sur les consommateurs des pays émergents qui devraient accéder, avec la venue des grands groupes bancaires et d’assurances occidentaux, à de nouveaux produits, à un savoir-faire et à prix intéressants.
Dans les pays qui n’ont pas encore ouvert leurs marchés financiers à la concurrence étrangère, ce qui est notamment souvent le cas en Asie du sud-est et en Amérique latine, «les consommateurs — tant les entreprises que les particuliers — ne réalisent pas que ce sont eux qui paient le prix du manque de concurrence», a récemment noté Andrew Buxton, le président de la banque britannique Barclays.
Ce banquier préside le lobby des groupes financiers européens et américains qui milite auprès des gouvernements pour qu’un accord soit effectivement conclu vendredi à Genève.
Ces groupes financiers attendent beaucoup de l’ouverture des marchés financiers asiatiques en pleine croissance, dans des pays comme la Thaïlande, les Philippines, l’Indonésie ou la Malaisie. «Beaucoup d’institutions financières pensent que leur plus grande chance d’expansion se trouve en Asie», a constaté M. Buxton.
L’économie des pays émergents, qui se finance jusqu’à présent à court terme, devrait aussi bénéficier d’un flux de capitaux, avec notamment l’arrivée des compagnies d’assurances occidentales. En tant qu’investisseurs institutionnels, celles-ci placeront des fonds à long terme dans les entreprises, par exemple en se portant acquéreurs de leurs actions par l’intermédiaire de la bourse, a noté pour sa part Patrick Lefas, de la fédération française des sociétés d’assurances.
Pour les consommateurs européens et américains, les gains seront beaucoup plus maigres, leur marché étant déjà très ouvert et très concurrentiel, a continué M. Lefas. Ces consommateurs de produits bancaires et d’assurances n’ont donc pas à attendre directement de l’accord négocié à Genève des taux de crédit à la consommation plus bas ou des primes d’assurances moins chères. (AFP)


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