Dans son texte, M. Wakim reprend les arguments qu’il avait développés lors d’une conférence de presse jeudi dernier, affirmant notamment que M. Hariri est lié à une banque américaine, la «Republic National Bank of New York», dans laquelle il aurait, selon lui, ouvert un compte et pris des participations à hauteur de 20 pour cent. Or cette banque, note-t-il, posséderait des filiales en Israël et appartiendrait à M. Edmond Safra qui est de confession juive et détiendrait, assure-t-il, les nationalités américaine et israélienne, outre la libanaise.
D’autre part, le député indique que le Crédit national, une banque libanaise qui, selon lui, appartenait à M. Safra, et qui avait fermé ses portes durant un certain temps, a été remise en selle il y a peu, et placée sous la direction de M. Raja Salamé, frère du gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé.
M. Wakim relève encore que le même Raja Salamé a été nommé directeur du bureau de représentation de la Republic National Bank of New York ouvert à Beyrouth en février dernier, et affirme que parmi ses objectifs, ce bureau «sert d’intermédiaire pour les emprunts en euro-obligations en échange de commissions que se partagent les membres d’un lobby local et étranger, au sein duquel se trouve M. Hariri».
«Cet office assure également d’autres crédits sur le marché international, en échange d’énormes commissions», affirme encore M. Wakim qui estime qu’à partir de là «on peut comprendre en partie la raison pour laquelle le projet des 2 milliards a été lancé et l’intention du chef du gouvernement de libeller en emprunts extérieurs jusqu’à 50 pour cent de la dette publique».
Enfin, le député assure que ce bureau a également pour mission de «financer la privatisation globale de tous les services publics stratégiques du pays et à laquelle pousse M. Hariri».
Selon M. Wakim, «tous ces faits éclairent davantage la réalité et les objectifs de la politique du premier ministre, notamment en matières financière, monétaire et économique, depuis son accession au pouvoir». Il affirme que «la dette publique a crû en cinq ans de plus de 1000 pour cent» et qu’elle se situe actuellement «à près de 150 pour cent du Produit intérieur brut», et soutient que le gouvernement «persiste dans sa politique de gaspillage et de dépenses inutiles dans le but de provoquer la banqueroute de l’Etat et d’hypothéquer ses ressources au bénéfice du capital étranger» et qu’il procède à «une destruction consciente et délibérée des secteurs productifs».
En conclusion, M. Wakim interpelle le chef du gouvernement en lui enjoignant de répondre aux interrogations suivantes:
— «A-t-il oui ou non, lui qui affirme toujours qu’il s’évertue à attirer vers le pays les avoirs libanais de l’extérieur, ouvert un compte de 100 millions de dollars dans cette banque (la «Republic National») d’orientation judéo-israélo-étrangère?»
— «Les liens entre la participation du premier ministre à cette banque, l’ouverture d’un bureau de représentation pour cet établissement à Beyrouth et la remise en selle du Crédit national ne paraissent-ils pas clairs?»
— «Le fait que le propre frère du gouverneur de la Banque centrale soit le directeur du bureau de représentation et du Crédit national est-il l’effet du hasard et quel rôle joue le chef du gouvernement dans tout cela?»
— «La prise de participation de M. Hariri dans une banque qui possède d’autres établissements en Israël et l’ouverture à Beyrouth d’un bureau de cette banque ne constituent-t-elles pas une violation claire de la loi sur le boycottage?»


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