M. Havel a notamment estimé que la «déception», «l’inquiétude», voire «le dégoût» éprouvés ces derniers mois par nombre de ses concitoyens sur la situation politique et sociale du pays reflètent non seulement des «conséquences du régime communiste», mais aussi «l’orgueil» des dirigeants du pays et leur «provincialisme petit-bourgeois».
«Beaucoup de gens sont déçus de voir de nouveau au pouvoir des hommes qui ne sont pas dignes de foi, qui privilégient leurs propres intérêts au détriment du bien commun», a souligné le président avant de parler «des milliards, ou plutôt des dizaines de milliards de couronnes volées lors du processus de la privatisation».
Selon lui, la crise politique actuelle doit devenir une occasion pour se libérer de ces erreurs et «ouvrir la voie à la création d’une véritable société civile».
Le premier ministre sortant Vaclav Klaus, dont le nom n’a pas été ouvertement cité dans le réquisitoire présidentiel, a réagi sur le vif lors d’un point de presse organisé seulement deux heures après l’intervention du chef de l’Etat.
Discours de confrontation
Il a notamment accusé le président Havel d’avoir prononcé «un discours de confrontation» et d’avoir «aiguisé la situation au lieu de la calmer».
Huit ans après la chute du régime communiste, le président Havel «a montré une profonde incompréhension du fonctionnement de l’économie de marché et de la société libérale», a souligné M. Klaus.
«Un homme jugeant les choses de façon réaliste ne peut être d’accord avec le jugement du président Havel des huit dernières années, ni avec son regard vers l’avenir» qui «fait réapparaître la pointe de l’iceberg de la troisième voie, que l’on considérait déjà comme abandonnée», selon lui.
«Je relève ce discours comme un défi» et «suis décidé à poursuivre la recherche d’une solution constructive de notre situation actuelle», a souligné le premier ministre sortant et chef du Parti démocratique civique (ODS), principale force de droite du pays.
M. Klaus, qui a été obligé de démissionner la semaine dernière dans le contexte d’un scandale entourant le financement de son parti, sera candidat à une réélection à la tête de l’ODS lors d’un congrès extraordinaire, qui aura lieu samedi et dimanche. (AFP)

