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Actualités - Conferences Internationales

Effet de serre : le grande marchandage bat son plein à Kyoto


A coups de milliards de tonnes de CO2, le grand marchandage battait son plein, hier à Kyoto (Japon), autour des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés.
Les hypothèses circulaient à grande vitesse, la plus crédible était un moins 5% pour tous les pays industrialisés.
Une proposition en ce sens du président du comité de négociations Raul Estrada a, d’ailleurs, été mise hier sur le tapis.
Selon ses termes, cet objectif d’une limitation moyenne de 5% des émissions de gaz à effet de serre par les pays industrialisés serait atteint de façon différenciée et, conformément aux vœux de l’Union européenne et du Japon, seuls trois gaz seraient concernés: le gaz carbonique, le méthane et l’oxyde nitreux. Les trois autres, incluant les réfrigérants, sont renvoyés à une négociation en 1998, au grand dam des Américains.
Le plan de M. Estrada prévoit que l’effort le plus important sera accompli par l’Union européenne, qui réduirait ses émissions de 8% entre 2006 et 2010 par rapport à leur niveau de 1990. Les Etats-Unis diminueraient les leurs de 5% et le Japon de 4,5%, suivant le même échéancier. En revanche, l’Australie et la Norvège seraient autorisées à accroître leurs émissions de 5% sur cette période. La Nouvelle-Zélande serait à un niveau «zéro émission».
M. Estrada avait annoncé quelques heures plus tôt qu’une solution était «proche», mais que le niveau de l’engagement serait «modeste».
Cette proposition doit maintenant être étudiée par les délégations des 159 pays représentés à Kyoto. Retour donc à la case départ: on rediscute en coulisses entre les principaux pays industrialisés.
Les objectifs chiffrés de réduction des émissions ne sont cependant que la devanture du supermarché des changements climatiques. Dans les rayons, il y a tout le reste:

Fonds de «nettoyage»

— les permis de polluer, alias «permis d’émissions négociables», qui doivent permettre d’acheter des réductions de CO2 chez le voisin parce que cela coûterait moins cher que de les réduire chez soi. On pourra peut-être même acheter du CO2 qui n’existe plus depuis plusieurs années, comme celui que les Russes ont évité d’émettre parce que plusieurs de leurs usines ont fermé leurs portes. Mais il est question que le marché de CO2 ne soit pas ouvert avant la deuxième période budgétaire du protocole;
— les «puits de carbone» c’est-à-dire la capacité des forêts d’absorber le CO2. Ces puits seraient en quelque sorte des crédits pour des pays ménageant leurs forêts. Plusieurs options sont disponibles. L’approche «brute» consiste à comptabiliser les émissions sans puits et l’approche «nette», avec déduction des puits;
— la «mise en œuvre conjointe» du protocole dans les pays en développement, à condition que les plus polluants d’entre eux s’engagent sur le chemin «vertueux» des limitations de gaz;
— le fonds financier de «nettoyage» de l’atmosphère permettra aux riches d’envoyer de l’argent aux pauvres afin qu’ils ne prennent pas le relais des premiers pour les émissions de CO2. Mais les pays en développement attendent que les autres annoncent leurs intentions avant de faire part des leurs. Jusqu’à hier, où des objectifs commençaient à être connus, c’était le contraire.
A 24 heures de la fin de la négociation, dans une atmosphère de plus en plus nerveuse, les marchandages ne se sont jamais si bien portés. Les négociations se sont donné jusqu’à aujourd’hui minuit pour arriver à un compromis.
Et s’il y a trop de points en suspens, ils seront renvoyés à une négociation ultérieure en 1998, avant la prochaine conférence sur les changements climatiques de Buenos-Aires, en novembre. (AFP-Reuters)
A coups de milliards de tonnes de CO2, le grand marchandage battait son plein, hier à Kyoto (Japon), autour des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés.Les hypothèses circulaient à grande vitesse, la plus crédible était un moins 5% pour tous les pays industrialisés.Une proposition en ce sens du président du comité de négociations Raul Estrada a, d’ailleurs, été mise hier sur le tapis.Selon ses termes, cet objectif d’une limitation moyenne de 5% des émissions de gaz à effet de serre par les pays industrialisés serait atteint de façon différenciée et, conformément aux vœux de l’Union européenne et du Japon, seuls trois gaz seraient concernés: le gaz carbonique, le méthane et l’oxyde nitreux. Les trois autres, incluant les réfrigérants, sont renvoyés à une...