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Actualités - Chronologie

Crime sur Internet : Washington eut confier la lutte au secteur privé

La Maison-Blanche tente de suivre une «troisième voie» pour lutter contre le crime sur Internet, à la recherche d’un difficile équilibre entre un contrôle imposé par le gouvernement et une autoréglementation du secteur privé.
Washington veut «emprunter une troisième voie (...), laissant l’initiative au secteur privé, avec le soutien du gouvernement, pour fournir les outils de la sécurité sur Internet», a déclaré la semaine dernière le vice-président Al Gore.
Lors de la réunion cette semaine des ministres de la Justice et de l’Intérieur des huit pays les plus industrialisés (G-8) sur le crime informatique, à Washington, les Etats-Unis pensent pouvoir convaincre les autres participants de la nécessité de laisser les rênes libres aux fournisseurs d’accès à Internet, créateurs de logiciels et éditeurs en-ligne.
«Tous les pays sont conscients de ce que le secteur privé doit être impliqué» dans la recherche d’une solution, indique un haut responsable du département américain de la Justice. «Tous réalisent que nous (la justice et la police) avons besoin d’aide», ajoute-t-il.
Pour remonter jusqu’à un criminel grâce aux traces que celui-ci laisse sur le réseau, il est indispensable de s’assurer la collaboration des sociétés qui gèrent les ordinateurs concernés, remarque ce responsable.
«L’administrateur de système», autrement dit le technicien qui dirige chacun des réseaux dont s’est servi le malfaiteur, «devient le principal enquêteur, car c’est lui qui sait comment retrouver les informations» dans l’enchevêtrement des communications et des logiciels de sécurité, souligne-t-il.

Réforme de la loi

La Maison-Blanche veut confier au secteur privé la principale responsabilité pour trouver des solutions, mais le gouvernement tient à accompagner et encourager ces efforts, a dit M. Gore.
En 1996, le président Bill Clinton a ainsi proposé au Congrès — qui l’a approuvé — une réforme de la loi sur les images considérées comme pornographiques afin qu’elle vise également les images créées ou modifiées sur un ordinateur.
Le département de la Justice a financé la mise en place d’une cellule d’enquêteurs spécialisés dans la lutte contre le crime informatique dans chacun des 66 bureaux de la police fidérale, le FBI.
L’annonce du vice-président, lors d’une conférence sur les dangers d’Internet pour les enfants qui a regroupé à Washington plus de 300 représentants d’entreprises, d’associations et d’agences fédérales, a été particulièrement bien accueillie par le secteur privé.
Fournisseurs d’accès au réseau et éditeurs en-ligne veulent à tout prix éviter un contrôle du contenu d’Internet. Ces entreprises, qui partageraient face à la justice la responsabilité de diffusion de matériel illégal, assimilent toute ingérence du gouvernement à une censure.
C’est également l’avis de la Cour suprême, qui a rejeté le 26 juin, au nom de la liberté d’expression garantie par la Constitution, un projet de loi visant à criminaliser «l’indécence» sur Internet.
La décision a constitué un camouflet pour le Congrès, qui avait adopté le Communications Decency Act (CDA) à une écrasante majorité, et n’a laissé au gouvernement fédéral que peu de choix sur l’attitude à adopter.
Dans d’autres domaines de la lutte contre le crime dans le cyberespace, l’administration est loin d’avoir pris des options aussi claires.
Washington limite ainsi les exportations de logiciels de cryptage, technologie essentielle à la sécurisation des transactions sur Internet, donnant son accord au cas par cas et à condition que les éditeurs de programmes mettent à disposition de la justice les clefs de décodage. (AFP)
La Maison-Blanche tente de suivre une «troisième voie» pour lutter contre le crime sur Internet, à la recherche d’un difficile équilibre entre un contrôle imposé par le gouvernement et une autoréglementation du secteur privé.Washington veut «emprunter une troisième voie (...), laissant l’initiative au secteur privé, avec le soutien du gouvernement, pour fournir les outils de la sécurité sur Internet», a déclaré la semaine dernière le vice-président Al Gore.Lors de la réunion cette semaine des ministres de la Justice et de l’Intérieur des huit pays les plus industrialisés (G-8) sur le crime informatique, à Washington, les Etats-Unis pensent pouvoir convaincre les autres participants de la nécessité de laisser les rênes libres aux fournisseurs d’accès à Internet, créateurs de logiciels et éditeurs...