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Actualités - Chronologie

Un accident de la route qui dégénère en révolte des pierres

La «révolte des pierres» dans les territoires palestiniens, dont le dixième anniversaire était célébré hier, a été en fait déclenchée deux jours auparavant lorsque quatre ouvriers palestiniens ont été tués par un Israélien au volant de son camion dans la bande de Gaza.
Les obsèques des victimes provoquent de violents heurts entre Palestiniens et soldats israéliens. Dans le camp de réfugiés de Jabaliya, près de Gaza, des militaires débordés tirent sur la foule, faisant plusieurs morts.
La révolte se propage comme une traînée de poudre dans la bande de Gaza et la Cisjordanie occupées par Israël. En quelques jours, un véritable soulèvement populaire prend corps, qui va durer près de sept ans.
Spontanée au début, l’intifada est vite structurée par la création d’une «Direction nationale unifiée du soulèvement» encadrant l’action populaire.
«Les différentes factions palestiniennes ont tenté, dès le premier jour, d’unifier leur action, sans pour autant saisir l’importance du moment, car la plupart ne pensaient pas que ce mouvement était né pour durer des années», raconte M. Jamal Zakkout, responsable du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP) dans la bande de Gaza.
En revanche, un responsable du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), Marouane Kafarna, se souvient que les factions ont mis du temps à réagir en raison «de leurs stratégies fondées surtout sur des actions ponctuelles de cellules clandestines et en l’absence de toute coordination».
Le Mouvement de la résistance islamique (Hamas), émanation des Frères musulmans qui bénéficient jusqu’alors de la bienveillance d’Israël, fait son apparition au début de l’intifada. Mais il marque une certaine hésitation à entrer dans le soulèvement et ce n’est qu’après quelques mois qu’il en deviendra un des moteurs principaux.
Le Jihad islamique a, lui, commencé son intifada dès le 6 octobre 1987 lorsque 4 militants du mouvement sont tués dans une embuscade de l’armée d’occupation à Gaza.
La rivalité des islamistes avec l’OLP qui, prise de court au début par l’intifada, cherche rapidement à animer la révolte depuis son exil de Tunis, apparaît bientôt au grand jour.
Khalil al-Wazir (Abou Jihad), l’adjoint d’Arafat, joue un rôle-clé dans la mise en place d’une structure clandestine dans les territoires rassemblant toutes les factions de l’OLP. Il sera assassiné par un commando israélien en avril 1988 à Tunis.
Mais selon les témoins de l’époque, ce sont surtout les «enfants des pierres» eux-mêmes qui poussent les mouvements palestiniens à l’unité nationale.
«Il a fallu un mois de concertation avant que la direction unifiée de l’intifada ne voie le jour» début janvier 1988, se souvient Samir Chéhadé, un cadre du Fateh de Yasser Arafat en Cisjordanie. Les islamistes s’en tiennent à l’écart.
Un mois plus tard, la direction unifiée reçoit son premier coup dur quand l’armée israélienne trouve l’imprimerie qui publie ses tracts en Cisjordanie et arrête la plupart de ses membres.
«Nous avions déjà publié six communiqués quand notre imprimerie a été découverte. Alors le septième communiqué a été imprimé à Gaza. Nous avions affiché une copie sur la porte des locaux de la police israélienne à Jérusalem», raconte M. Zakkout.
Les vagues successives d’arrestations n’entament pas la volonté de poursuivre l’intifada, dont la direction se renouvelle au fur et à mesure, explique un membre du Parti populaire (ex-communiste) palestinien, M. Ghassan al-Khatib.
«La force de la direction unifiée émanait du fait qu’elle n’était pas pour les Palestiniens une structure organisée au vrai sens du terme mais un symbole à la mesure de leurs aspirations», la libération de l’occupation israélienne, conclut ce militant du FDLP. Dix ans plus tard, les accords d’autonomie sont loin d’avoir répondu à l’espoir. (AFP)
La «révolte des pierres» dans les territoires palestiniens, dont le dixième anniversaire était célébré hier, a été en fait déclenchée deux jours auparavant lorsque quatre ouvriers palestiniens ont été tués par un Israélien au volant de son camion dans la bande de Gaza.Les obsèques des victimes provoquent de violents heurts entre Palestiniens et soldats israéliens. Dans le camp de réfugiés de Jabaliya, près de Gaza, des militaires débordés tirent sur la foule, faisant plusieurs morts.La révolte se propage comme une traînée de poudre dans la bande de Gaza et la Cisjordanie occupées par Israël. En quelques jours, un véritable soulèvement populaire prend corps, qui va durer près de sept ans.Spontanée au début, l’intifada est vite structurée par la création d’une «Direction nationale unifiée du...