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Actualités - Chronologie

L'Inde s'apprête à retrouver le chemin des urnes (photo)

Le Parlement indien a été dissous, après six jours de crise et 600 millions d’électeurs vont se rendre aux urnes pour la deuxième fois en moins de deux ans, pour des élections qui ne devraient cependant pas mettre fin à l’instabilité politique du pays.
Ces élections anticipées auront lieu vers la fin février, mais l’opposition nationaliste hindoue a déjà lancé la campagne électorale en appelant les 120 millions de musulmans indiens à ne pas la craindre et voter pour elle.
Six jours après la démission du gouvernement de centre-gauche du premier ministre Inder Kumar Gujral, le président K.R. Narayanan a dissous le Lok Sabha, la chambre basse, devant l’incapacité des grands partis à former une coalition majoritaire.
«Le peuple indien a besoin d’un sursis à l’instabilité politique», a expliqué le président, dont la décision a mis fin à plus de deux semaines d’impasse politique. Il a indiqué qu’un nouveau Parlement devrait être réuni au plus tard le 15 mars, à temps pour les échéances budgétaires.
La commission électorale a précisé que le scrutin, le temps de le préparer dans un pays comptant 970 millions d’habitants, aurait lieu entre la troisième semaine de février et la première de mars, trois ans avant échéance. Sa seule organisation coûtera 200 millions de dollars.
Les analystes ne prévoient pourtant pas de résultat clair. «Selon toute probabilité, nous serons témoins d’un nouveau verdict indécis», a estimé un expert, G.V.L. Narasimha Rao. «Il y aura un nouveau Parlement divisé», a dit un député socialiste, Bhakta Charan Das.
La bourse a perdu 1% enfin de semaine, les investisseurs craignant la poursuite de l’instabilité et le ralentissement de la libéralisation de l’économie.
Le gouvernement qui sortira des urnes sera le cinquième en moins de deux ans dans un pays politiquement éclaté où le parti du Congrès de Nehru, d’Indira et de Rajiv Gandhi dominant pendant quarante ans est en déclin et où montent en puissance les partis régionaux.

Trois forces

Le Lok Sabha, qui compte 545 membres, était divisé depuis 1996 entre trois forces principales: le Front uni (177 sièges), alliance de 13 petits partis qui était au pouvoir, les nationalistes hindous du BJP (Parti du peuple indien, 162 sièges) et le Congrès (140).
Aucun de ces blocs n’avait de majorité à lui seul et le Front uni ne tenait qu’avec le soutien du Congrès, battu aux élections de 1996. Il avait juré de revenir au pouvoir et, après avoir fait tomber un précédent cabinet Front uni en avril, avait obtenu vendredi dernier la chute de celui de M. Gujral, qui expédie les affaires courantes.
Le Congrès avait exigé, en vain, que le Front uni se sépare de l’une de ses composantes, le DMK, parti tamoul accusé dans un rapport officiel d’avoir été le complice «tacite» des guérilleros tamouls srilankais qui, selon l’Inde, ont assassiné le 21 mai 1991 Rajiv Gandhi, chef du Congrès.
Il s’est dit prêt à aller à la bataille électorale, bien qu’ayant tenté jusqu’au bout de trouver un compromis évitant des élections dont on le dit déjà perdant. Certains de ses membres espèrent contre toute évidence que la veuve d’origine italienne de Rajiv Gandhi, Sonia, prendra enfin en main le parti pour faire renaître le «mythe Gandhi».
Quant au BJP, ennemi juré du Congrès, malgré une progression fulgurante au cours des dernières années, il est peu probable selon les experts qu’il fasse beaucoup mieux et perce enfin dans le sud et chez les musulmans.
«Vous devez maintenant donner une chance à la formation d’un gouvernement conduit par (le leader hindou) Atal Behari Vajpayee qui mènera le pays dans le XXIe siècle», a plaidé le président du BJP L.K. Advani dans un discours devant la conférence des jeunes musulmans peu avant la dissolution.
Le BJP a souvent eu des positions antimusulmanes virulentes, mais a adopté une attitude modérée pour pouvoir obtenir des alliés, sa seule chance de gouverner. (AFP)
Le Parlement indien a été dissous, après six jours de crise et 600 millions d’électeurs vont se rendre aux urnes pour la deuxième fois en moins de deux ans, pour des élections qui ne devraient cependant pas mettre fin à l’instabilité politique du pays.Ces élections anticipées auront lieu vers la fin février, mais l’opposition nationaliste hindoue a déjà lancé la campagne électorale en appelant les 120 millions de musulmans indiens à ne pas la craindre et voter pour elle.Six jours après la démission du gouvernement de centre-gauche du premier ministre Inder Kumar Gujral, le président K.R. Narayanan a dissous le Lok Sabha, la chambre basse, devant l’incapacité des grands partis à former une coalition majoritaire.«Le peuple indien a besoin d’un sursis à l’instabilité politique», a expliqué le...