Le responsable s’est efforcé de rassurer sur l’état de la deuxième économie mondiale mais il a aussi clairement laissé percer son inquiétude sur les conséquences de la crise japonaise si elle devait traîner ou s’aggraver.
«La situation est difficile actuellement au Japon avec une économie qui s’affaiblit». Le risque étant que cette situation amplifie encore les problèmes dans le reste de l’Asie, elle «exige qu’une attention particulière soit portée à l’économie japonaise», a-t-il dit à la presse.
«L’importance du Japon rend essentiel pour le monde d’être sûr que tout va bien avec l’économie japonaise», d’autant que dans le monde d’aujourd’hui, «aucun pays n’est à l’abri» si une crise survient, a-t-il ajouté.
Après les aides accordées à la Thaïlande et à l’Indonésie, M. Camdessus a conclu mercredi à Séoul un programme d’assistance économique de 55 milliards de dollars, le plus important de l’histoire du FMI.
S’agissant du Japon, «je suis tout à fait confiant dans le fait que la conjonction des efforts du gouvernement et du secteur bancaire fera que cette crise sera de courte durée», a-t-il dit après un entretien avec le premier ministre nippon Ryutaro Hashimoto.
Un règlement de la crise nécessite cependant de la part du Japon une action «rapide et efficace des problèmes du secteur bancaire» qui est «cruciale pour restaurer la confiance et rétablir les bases de la croissance».
M. Camdessus a énuméré les mesures nécessaires à ses yeux pour assainir le secteur financier japonais: l’utilisation d’un certain volume de fonds publics «pour protéger les déposants» des institutions défaillantes, «une identification rapide et la fermeture des institutions insolvables» et «une méthode transparente pour restructurer les banques sous-capitalisées».
Les dirigeants japonais admettent que l’économie du pays est «à l’arrêt» et la crainte est que le système financier japonais n’implose après une série de faillites retentissantes. Le gouvernement japonais a abandonné son objectif de croissance de 1,9% pour l’exercice budgétaire en cours, les experts prédisant une croissance zéro.
«La situation est difficile actuellement au Japon, avec une économie intérieure qui s’affaiblit», a souligné M. Camdessus, mais «fondamentalement le problème de l’archipel est un problème de confiance».
M. Camdessus devait rencontrer le ministre des Finances Hiroshi Mitsuzuka et l’ancien premier ministre Kiichi Miyazawa. Ce dernier est resté très influent au sein du parti gouvernemental PLD et compte parmi les plus farouches partisans de l’utilisation de fonds publics pour accélérer l’assainissement des banques.
«Le monde entier est touché» par la crise en Asie mais il est bon que celle-ci se soit déclarée maintenant et non plus tard, a-t-il dit. Si la crise n’avait pas éclaté cet été, il y aurait eu des retards supplémentaires de la part des gouvernements de la région dans les programmes d’assainissement nécessaires et ces retards auraient rendu la situation encore plus grave.
M. Camdessus a loué la Corée du Sud pour avoir eu le courage de «prendre le taureau par les cornes» en acceptant de demander l’aide du FMI avant qu’il ne soit trop tard.
Le chef du FMI a reconnu que les mesures d’austérité qui accompagnent les programmes d’aide du fonds peuvent susciter des frustrations auprès des populations des pays concernés, en particulier en Corée du Sud. (AFP)


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