Le ministre espagnol des Affaires étrangères Abel Matutes a jugé hier que les conversations hispano-britanniques sur Gibraltar étaient «trop lentes» en raison de la «politique d’obstruction» du gouvernement de la colonie.
«Notre patience a une limite et si aucune avancée ne peut être obtenue par la voie du dialogue constructif et de la coopération, la position de l’Espagne sera d’exiger ses droits avec de plus en plus de pressions», a déclaré M. Matutes au cours d’un entretien à la télévision publique espagnole (TVE).
«Il n’est pas question que l’Espagne continue à tout donner en échange de rien, pendant qu’à Gibraltar se multiplient les commerces illicites», a-t-il ajouté, en reprochant à la colonie d’être une base de contrebande de tabac et de blanchiment d’argent sale.
M. Matutes a menacé de durcir les contrôles à la frontière. «Les relations entre Gibraltar et le reste de l’Espagne vont devenir de plus en plus fragiles et difficiles chaque jour. C’est ce que je veux éviter, et je fais preuve d’une patience qui, par ailleurs, n’est pas infinie», a poursuivi le ministre.
M. Matutes s’exprimait au lendemain de la levée par la Grande-Bretagne de ses réserves sur l’approbation d’une nouvelle structure militaire de l’OTAN. Ces réserves étaient liées à une levée des restrictions aériennes et navales qu’impose Madrid à Gibraltar depuis les années 1960. Mais le ministre britannique de la Défense George Robertson a menacé de bloquer à partir de 1999 la mise en œuvre de cette nouvelle structure si un règlement définitif n’était pas trouvé avec l’Espagne sur Gibraltar.
L’Espagne justifie les restrictions, qui empêchent notamment un avion atterrissant ou décollant de la colonie de survoler le territoire espagnol, par le fait que selon elle, l’aéroport de Gibraltar a été construit illégalement en terrain espagnol.
En contrepartie de la levée des restrictions, Madrid réclamait que l’aéroport de Gibraltar soit contrôlé conjointement par des détachements militaires espagnol et britannique. (AFP)

