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Actualités - Chronologie

Sommet pour protéger les enfants internautés contre la pornographie

Ouvert hier mardi à Washington, un «sommet» consacré à la sécurité des enfants sur Internet veut dresser les grandes lignes d’une collaboration entre secteur privé et gouvernement afin de protéger les mineurs de la pornographie en ligne.
L’événement est à la mesure des enjeux, tant commerciaux que politiques: il réunit plus de 300 services et médias en ligne, agences fédérales américaines, associations parentales et organisations professionnelles, ainsi que les représentants d’une dizaine de pays dont l’Australie, l’Allemagne ou le Japon.
Le vice-président américain Al-Gore, héraut de la haute technologie dans le gouvernement de Bill Clinton, doit intervenir, ainsi que le secrétaire à l’Education Richard Riley et l’Attorney General (ministre de la Justice) Janet Reno.
Le réseau informatique mondial ne deviendra pas le média de masse que promettent les analystes si parents et enfants craignent d’y naviguer, a averti le directeur de Disney Online, Jake Winebaum, lundi lors d’une conférence de presse.
«Il est très important qu’Internet devienne un endroit convivial, où les familles se sentent à l’aise», a-t-il affirmé.
La Cour suprême des Etats-Unis a rejeté le 26 juin un projet de loi visant à criminaliser «l’indécence» sur Internet, estimant qu’il manquait de précision et risquait d’avoir des effets pervers sur la liberté d’expression. Contrairement à des médias comme la radio ou la télévision, Internet est un support de discussion ouvert à tous et l’Etat n’a pas à intervenir dans ce qui est un dialogue spontané, a déclaré la cour.
Mais la décision a laissé un vide juridique. «Nous sommes restés avec le problème sur les bras: comment protégons-nous les enfants et les orientons-nous en toute sécurité vers tout ce superbe matériau disponible en ligne», a résumé l’avocate Christine Varney, ancien membre de l’agence fédérale des communications (FCC) et présidente du sommet.
Des logiciels de filtrage existent, qui permettent d’empêcher les enfants d’accéder à des sites que les parents jugent indésirables. La plupart classent les sites en plusieurs listes, selon leur contenu, laissant les parents choisir les matériaux acceptables.
Bien que remis à jour en permanence par les sociétés qui les éditent, ces logiciels ont toujours du mal à suivre l’explosion des sites et ne constituent pas une parfaite garantie.
Un journaliste du New York Times, père d’une fille de 11 ans, écrivait lundi comment la boîte à lettres électronique qu’il avait ouverte pour elle a aussitôt été envahie de messages de promotion de sites pornographiques. Il n’a rien pu y faire, si ce n’est éliminer chaque jour, une par une, ces missives au contenu choquant pour une enfant de cet âge.
Soutenue par des associations de parents conservatrices, une proposition de loi a été réintroduite au Sénat. Plusieurs Etats de l’Union envisagent aussi de légiférer sur le contenu d’Internet.
Les fournisseurs d’accès, qui seraient tenus au moins en partie pour responsables devant la justice des messages qui transitent par leurs services, envisagent avec effroi toute législation. Ils ont l’appui des associations de défense des droits de l’homme.
La principale organisation américaine des droits civiques, l’ACLU, estime ainsi que «le gouvernement n’a pas à se poser en filtre unique pour l’ensemble de la société».
Prenant les devants, le service en ligne America Online (AOL, 10 millions d’abonnés) et le géant des loisirs Walt Disney ont présenté lundi leurs propres outils de filtrage et de restriction de l’accès aux sites et forums de discussion.
«Nous voulons éviter le contrôle du gouvernement mais cela n’est qu’un effet secondaire», a affirmé le PDG d’AOL, Steve Case. «Nous avons une passion, celle de vouloir construire un média dont nous pourrons être fier, et qui génèrera naturellement des revenus». (AFP)
Ouvert hier mardi à Washington, un «sommet» consacré à la sécurité des enfants sur Internet veut dresser les grandes lignes d’une collaboration entre secteur privé et gouvernement afin de protéger les mineurs de la pornographie en ligne.L’événement est à la mesure des enjeux, tant commerciaux que politiques: il réunit plus de 300 services et médias en ligne, agences fédérales américaines, associations parentales et organisations professionnelles, ainsi que les représentants d’une dizaine de pays dont l’Australie, l’Allemagne ou le Japon.Le vice-président américain Al-Gore, héraut de la haute technologie dans le gouvernement de Bill Clinton, doit intervenir, ainsi que le secrétaire à l’Education Richard Riley et l’Attorney General (ministre de la Justice) Janet Reno.Le réseau informatique mondial ne...