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Actualités - Chronologie

Salaires impayés : Eltsine menace de limoger des ministres


Le président russe Boris Eltsine a reconnu pour la première fois que sa promesse de rembourser tous les arriérés de salaires au secteur public au 1er janvier risquait de ne pas être tenue, et a menacé de remanier le gouvernement si cet objectif n’était pas atteint.
M. Eltsine s’était personnellement engagé en juillet à verser tous les salaires du secteur public, souvent impayés depuis des mois, au plus tard d’ici la fin de cette année. Soit une dépense de 4,4 milliards de dollars, selon les derniers chiffres cités par le gouvernement.
Mais le président russe vient de reconnaître qu’«il n’y avait pas d’argent dans les caisses», dans un discours diffusé à la radio. Il a sommé le gouvernement — que le président a convoqué au grand complet lundi pour un compte-rendu qui pourrait tourner au réquisitoire — de «rassembler ses forces et tenir les promesses qui ont été faites».
«Je n’accepterai là-dessus aucune justification du gouvernement» et «je n’exclus pas des limogeages», y compris au niveau des ministres, a déclaré M. Eltsine.
Les économistes estiment pourtant que le non-paiement des salaires au 1er janvier n’entraînerait pas d’agitation sociale tant les salariés de l’immense secteur public ont depuis longtemps appris à vivre sans leurs maigres salaires.
Ces menaces de limogeage visent d’abord les deux premiers vice-premiers ministres Boris Nemtsov et Anatoli Tchoubais, dont M. Eltsine a rappelé ces derniers jours qu’il était de leur devoir d’honorer cette promesse, a souligné l’analyste Andreï Piontkowski.
Les deux «jeunes réformateurs», auxquels Boris Eltsine avait confié des super-ministères à leur entrée au gouvernement, au printemps, ont vu leurs prérogatives rognées par M. Eltsine après le «scandale du livre», dans lequel M. Tchoubaïs est soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin.

Privatisations reportées

Le chef de l’Etat a cité une seule raison pour refuser le limogeage de M. Tchoubaïs que demande ardemment l’opposition communiste: il ne «lui voit pour l’instant aucun successeur».
Même M. Nemtsov, que M. Eltsine a plusieurs fois présenté comme son dauphin, pourrait être menacé, tant son sort est lié à celui de M. Tchoubaïs qu’il a défendu tout au long du scandale, selon M. Piontkowski.
M. Nemtsov avait lui-même expliqué en juillet que le gouvernement pourrait rembourser les salaires en recourant notamment à de nouvelles privatisations.
Mais la crise financière qui secoue les marchés mondiaux est venue contrarier ces plans. Les marchés financiers russes, en plein boom depuis un an, sont retombés, faisant perdre aux actions des entreprises publiques deux milliards de dollars au total, selon Nladimir Drebentsov, économiste à la Banque mondiale à Moscou.
Dans ces conditions, des privatisations qui étaient attendues en cette fin d’année, comme celles de la compagnie pétrolière Rosneft, semblent devoir être reportées de quelques semaines au moins.
Quant aux recettes fiscales, dont l’insuffisance reste la cause No 1 de l’appauvrissement du budget russe, le gouvernement savait dès juillet que les montants prévus au budget étaient très exagérés, selon M. Drebentsov.
Le FMI, qui a accordé à la Russie en 1996 un prêt de 10 milliards de dollars sur trois ans, a suspendu un versement faute d’une amélioration de ces recettes.
Il n’est cependant pas exclu que les négociations de la Russie avec le FMI et la Banque mondiale —qui prévoit d’accorder un nouveau prêt au secteur charbonnier de 600 millions de dollars et un prêt de «restructuration» de 250 millions — débouchent avant la fin de l’année, selon M. Drebentsov.
Ce schéma permettrait aux réformateurs de liquider au moins une partie des impayés, ce qui arrangerait M. Eltsine qui n’est pas prêt à les remplacer immédiatement, selon M. Piontkowski.
M. Eltsine pourrait, en attendant, procéder à des limogeages «mineurs», comme celui du chef des services fiscaux Alexandre Potchinok, sur lequel des rumeurs circulent depuis quelques jours. (AFP)


Le président russe Boris Eltsine a reconnu pour la première fois que sa promesse de rembourser tous les arriérés de salaires au secteur public au 1er janvier risquait de ne pas être tenue, et a menacé de remanier le gouvernement si cet objectif n’était pas atteint.M. Eltsine s’était personnellement engagé en juillet à verser tous les salaires du secteur public, souvent impayés depuis des mois, au plus tard d’ici la fin de cette année. Soit une dépense de 4,4 milliards de dollars, selon les derniers chiffres cités par le gouvernement.Mais le président russe vient de reconnaître qu’«il n’y avait pas d’argent dans les caisses», dans un discours diffusé à la radio. Il a sommé le gouvernement — que le président a convoqué au grand complet lundi pour un compte-rendu qui pourrait tourner au réquisitoire...