Ce sommet annuel, qui se déroulera dans cette ancienne ville universitaire de Castille-Leon (ouest de l’Espagne), permettra à Paris et Madrid de préparer le Conseil européen des 12-13 décembre à Luxembourg et de réaffirmer la dimension méditerranéenne de l’Europe.
«La France a toujours considéré que la dimension méditerranéenne de l’Union européenne était l’un des éléments de son identité et l’un de ses atouts. Nous voyons d’un œil favorable le fait que l’Espagne, qui est l’un des grands pays de l’UE, continue d’affirmer sa présence dans l’Union», a dit le porte-parole de la présidence française Catherine Colonna.
«La France, a-t-elle poursuivi, soutient et salue les efforts courageux de l’Espagne pour être au rendez-vous de la monnaie unique». «Plus personne ne doute désormais que l’euro se fera, ce qui constituera un tournant historique, positif pour tous les Européens», a-t-elle ajouté.
A Luxembourg, la France, comme l’a déclaré le ministre de l’Economie Dominique Strauss-Kahn, espère qu’un accord pourra être atteint sur la création d’un Conseil de l’euro, organe informel de coordination des politiques économiques des pays participant à la monnaie unique.
Autre thème abordé à Luxembourg et sur lequel Paris et Madrid devront accorder leurs violons, l’élargissement de l’UE. «Après l’euro, il faut maintenant réussir également la réforme des institutions et l’élargissement», a déclaré Mme Colonna.
La France souhaite que soient pris en considération tous les volets de l’élargissement, y compris le cadre financier, les conséquences sur les politiques communes et «le préalable» que constitue selon elle l’achèvement de la réforme des institutions.
Le choix du président de la future Banque centrale européenne devrait également être évoqué et M. Chirac devrait rappeler la candidature du gouverneur de la Banque de France Jean-Claude Trichet, face au Néerlandais Wim Duisenberg, soutenu par les Allemands.
Le gouverneur de la banque d’Espagne Luis Angel Rojo est parfois présenté comme un possible candidat de compromis.
En matière bilatérale, Paris et Madrid se sont félicités de leur excellente coopération dans la lutte contre le terrorisme, qui s’est traduite ces dernières semaines par une vague d’arrestations en France de personnes liées à l’organisation séparatiste basque ETA.
La France «ne peut pas cautionner le terrorisme», en particulier «sur le sol d’un pays ami et allié», a souligné vendredi le ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement.
Pour ce premier sommet franco-espagnol depuis le début de la cohabitation en France, quatre ministres accompagneront M. Jospin: Hubert Védrine (Affaires étrangères), M. Chevènement, M. Strauss-Kahn et Pierre Moscovici (Affaires européennes). Onze membres du gouvernement précédent d’Alain Juppé avaient fait le déplacement de Marseille (Sud) pour le précédent sommet en novembre 1996.
Les gouvernements Jospin et Aznar s’étaient réunis fin juillet à Ibiza (Baléares) pour un séminaire qui avait permis de faire avancer les dossiers bilatéraux. (AFP)

