Jeudi matin,, les ministres ont annulé leur déplacement touristique prévu à Bali pour vendredi et samedi. Ils devaient se retrouver pour une session de travail informelle, non prévue dans leur programme, dans l’après-midi.
«Nous n’avons pas assez de temps pour aller à Bali. Nous devons continuer à travailler», a déclaré le ministre koweiti du Pétrole, Issa Mohammed Al-Mazidi, qui a indiqué à propos des négociations que «tout est ouvert».
«Nous avons des points de vue différents. Nous souhaitons les rapprocher», a déclaré le ministre libyen Abdallah Salem El-Badri. La Libye, qui est le seul pays membre à s’être clairement prononcé contre une augmentation du quota de production, estime que le plafond risque d’être plus près de 28 millions de barils/jour (mbj) que de 27 mbj.
L’Iran «souhaite un plafond qui n’affaiblisse pas le marché mais le renforce», selon un membre de la délégation irakienne. Selon lui, un plafond fixé à 26,5 mbj sera déjà trop élevé.
Le Venezuela donnera sa position vendredi matin, après l’arrivée de son ministre du Pétrole Erwin José Arrieta.
Le Venezuela donnera sa position vendredi matin, après l’arrivée de son ministre du Pétrole Erwin José Arrieta.
La plupart des pays membres ont accepté le principe d’une augmentation du plafond de l’organisation, fixé à 25,033 mbj depuis juin 1996. La grande question reste l’ampleur de cette hausse.
Le chiffre le plus souvent avancé est de 27,4 mbj. L’Arabie Séoudite avait proposé au départ entre 26 et 27 mbj. «La fourchette acceptable par les marchés est entre 27 et 28 mbj», estime un expert pétrolier basé à Londres.
Seuls trois pays ont des capacités de production excédentaires et pourront bénéficier de cette augmentation: l’Arabie Séoudite, le Koweit et les Emirats arabes unis.
Tous les autres produisent au maximum de leurs capacités. Ceux-là craignent qu’une augmentation du plafond de production ne fasse baisser les prix du brut. Une baisse qu’ils n’auront pas la possibilité de compenser puisqu’ils ne peuvent produire davantage.
Ils font également valoir que la crise financière qui pèse actuellement sur les pays d’Asie du sud-est et son impact sur la croissance ne jettent une ombre sur les prévisions optimistes de la demande mondiale. Celle-ci devrait progresser de 73,8 mbj en 1997 à 75,6 mbj en 1998, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
L’OPEP produit actuellement environ 28 mbj. Si son plafond de production augmente aux alentours de 27 mbj, sa production réelle augmentera aussi. Les pays qui respectaient, jusqu’à ces derniers mois, leurs quotas, comme l’Arabie Séoudite ou le Koweit, vont mettre davantage de pétrole sur le marché. Ceux qui, comme le Venezuela ou le Nigeria,, dépassaient largement leur quota continueront à surproduire.
«Le marché peut absorber une augmentation de la production. La demande adressée à l’OPEP a beaucoup augmenté. Elle est passée de 16 mbj il y a quelques années à plus de 27 mbj actuellement», dit un expert pétrolier.
Le problème pour l’OPEP est de prendre sa décision sans déséquilibrer le marché. Or, le prix du Brent coté à Londres pour livraison en janvier a baissé de 46 cents, passant de 19,02 à 18,56 dollars mercredi en clôture. (AFP)

