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Actualités - Chronologie

Bucarest-Varsovie-Kiev : le modèle franco-allemand

Les présidents roumain Emil Constantinescu, polonais Aleksander Kwasniewski et ukrainien Leonid Koutchma ont exprimé à Bucarest leur volonté de coopérer sur «le modèle franco-allemand» en renonçant à toutes prétentions territoriales au profit de la stabilité régionale.
Ce sommet trilatéral a pour but d’établir entre ces trois Etats une zone de stabilité politique et de coopération économique de la Baltique à la mer Noire.
«La Pologne, l’Ukraine et la Roumanie peuvent montrer à l’Europe qu’elles sont capables de surmonter leurs problèmes et de conclure des accords bilatéraux», a déclaré M. Kwasniewski lors d’une conférence de presse.
«Nos trois pays sont appelés aujourd’hui à rééditer le modèle franco-allemand, en oubliant le passé», a-t-il ajouté.
La Roumanie et la Pologne ont chacune signé un accord bilatéral avec l’Ukraine, qui entérine l’inviolabilité des frontières et met un terme à tout contentieux territorial.
Lors de difficiles négociations avec Kiev, Bucarest avait dans un premier temps insisté sur l’inclusion dans le traité d’une clause condamnant le pacte germano-soviétique de 1939, en vertu duquel plusieurs territoires roumains avaient été octroyés à l’Ukraine.
Mais le gouvernement issu des élections de novembre 1996 a renoncé à cette exigence, pour montrer sa volonté d’intégrer l’OTAN.
La conclusion du traité roumano-ukrainien avait été vivement saluée notamment par les présidents américain Bill Clinton et français Jacques Chirac, qui avaient estimé qu’il s’agissait d’une contribution importante à la stabilité dans la région.

Torts réciproques

Kiev et Varsovie ont pour leur part signé en mai une «déclaration de compréhension et de réconciliation», mettant fin à un contentieux historique vieux de plusieurs siècles.
Les deux pays avaient regretté leurs «torts réciproques» lors des invasions polonaises et des guerres polono-ukrainiennes du XVIIe siècle, et lors des massacres de Polonais par des Ukrainiens et des déportations d’Ukrainiens par le pouvoir communiste polonais au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
«Nos pays partagent un héritage historique qui n’a pas toujours été favorable. Mais en pensant à l’avenir, nous avons bâti une structure régionale de stabilité qui durera des siècles», a pour sa part déclaré M. Constantinescu.
«La conclusion du traité bilatéral entre l’Ukraine et la Roumanie a représenté un moment historique dans les relations entre nos deux pays», a souligné M. Koutchma.
Les trois présidents ont souligné que la coopération entre leurs pays ne représentait «pas un substitut à l’intégration européenne, mais un pas vers une Europe unie».
«Nos trois pays sont intéressés par l’élargissement de l’Union européenne, et nous nous y préparons activement», a déclaré M. Constantinescu.
«Chaque forme de coopération a ses propres objectifs et nous devons en tirer profit», a souligné le président polonais.
Les trois chefs d’Etat ont également exprimé leur détermination de renforcer les liens économiques entre leurs pays, qui comptent 120 millions d’habitants au total, et ont jeté les bases de plusieurs projets de coopération, notamment dans les transports et les infrastructures. (AFP)
Les présidents roumain Emil Constantinescu, polonais Aleksander Kwasniewski et ukrainien Leonid Koutchma ont exprimé à Bucarest leur volonté de coopérer sur «le modèle franco-allemand» en renonçant à toutes prétentions territoriales au profit de la stabilité régionale.Ce sommet trilatéral a pour but d’établir entre ces trois Etats une zone de stabilité politique et de coopération économique de la Baltique à la mer Noire.«La Pologne, l’Ukraine et la Roumanie peuvent montrer à l’Europe qu’elles sont capables de surmonter leurs problèmes et de conclure des accords bilatéraux», a déclaré M. Kwasniewski lors d’une conférence de presse. «Nos trois pays sont appelés aujourd’hui à rééditer le modèle franco-allemand, en oubliant le passé», a-t-il ajouté.La Roumanie et la Pologne ont chacune signé...