«Ils ont reçu des centaines et des centaines de cadeaux», explique Marlys Popma, leur porte-parole. «Ils ont eu des propositions pour vendre leur histoire, et tout le monde réclame des photos des bébés, certains étant prêts à payer des droits exclusifs. Il va falloir aussi que quelqu’un s’occupe de l’aspect fiscal des cadeaux, et coordonne les offres qui arrivent, financières ou non, pour participer à différentes émissions».
Mme Popma avait été recrutée — comme bénévole — par les McCaughey, qui l’avaient choisie parce qu’elle était chrétienne et avait l’habitude des médias, trois semaines avant la naissance.
Le couple vit dans une modeste maison de la ville de Carlisle (Iowa, 3.500 habitants), sur le salaire de Kenny, 27 ans, employé depuis onze ans à la comptabilité d’un concessionnaire automobile où son père avait travaillé pendant trente ans.
«Ils pensaient que l’intérêt des médias serait important, mais il a été beaucoup plus grand que nous ne pensions», indique Mme Popma. «Il va falloir une demi-douzaine de personnes pour s’occuper de cette famille», estime-t-elle, ajoutant qu’elle cherchait un agent pouvant travailler à long terme avec les McCaughey.
Déjà Bobbi, 29 ans, et Kenny ont accepté de participer à «Date Line» une émission qui est passée sur la télévision NBC, où les bébés ont été montrés pour la première fois. «Ils n’ont pas vendu cette histoire. Ils veulent montrer qu’ils ne sont pas pris dans cette guerre des enchères», insiste Mme Popma.
Le précédent Dionne
Le couple McCaughey est extrêmement religieux, et avait refusé une réduction embryonnaire après avoir appris que Bobbi attendait sept bébés.
Kenny McCaughey a indiqué après la naissance qu’il espérait pouvoir élever ses enfants normalement, dans une famille chrétienne, sans que leur vie ne se «transforme en un grand show».
Mais sans revenus autres que son salaire, alors que le coût total de l’éducation des septuplés a été estimé à un million de dollars, ils ne pourront pas faire face, et le couple a accueilli comme des dons de Dieu l’avalanche de cadeaux.
Ils ont reçu «tout ce dont les petits auront besoin durant leurs premières années», selon Mme Popma qui cite pêle-mêle «vêtements, couches, lait en poudre, petits pots, thermomètres, berceaux, poussettes, ordinateurs». Pour remplacer la maison de deux chambres où le couple vivait avec leur fille de 22 mois, un terrain a été offert, et le gouverneur de l’Iowa a promis d’y construire une maison, meublée grâce à des dons.
Deux universités ont proposé de payer les études supérieures des septuplés, et un mini-van de 15 places a déjà été offert à la famille.
Le grand-père des septuplés, Bob Hepworth, a cependant écarté tout «marketing» autour des septuplés. «Ce serait de l’exploitation», a-t-il indiqué à des journalistes.
Mais dès la naissance, trois femmes ont écrit au jeune couple pour le mettre en garde: dans une lettre publiée dans l’hebdomadaire «Time», Annette, Cécile et Yvonne Dionne, survivantes de quintuplées nées en 1934 au Canada, racontent comment leurs vies ont été «ruinées par l’exploitation dont elles ont fait l’objet (enfants) aux mains du gouvernement de l’Ontario, montrées comme une curiosité trois fois par jour à des millions de touristes (…). Nous espérons que vos enfants recevront plus de respect que nous. Les naissances multiples ne doivent pas être confondues avec un spectacle», ont-elles ajouté.
Bobbi McCaughey, 29 ans, a quitté l’hôpital. Quatre jours après la césarienne par laquelle sont venus au monde ses quatre garçons et trois filles à Des Moines (Iowa), elle a marché sans aide de l’hôpital à sa voiture, puis de sa voiture à sa maison.
Les sept bébés resteront hospitalisés probablement jusqu’en janvier. L’un d’eux, Kenneth, était dans un état qualifié de «satisfaisant», respirant seul, les six autres étant dans un état «grave», toujours placés sous assistance respiratoire. (AFP)

