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Actualités - Chronologie

Londres allège son dispositif de sécurité en Irlande du Nord

Le gouvernement britannique commence à tirer prudemment les enseignements du cessez-le-feu de l’IRA, décrété le 20 juillet, en rapatriant des militaires et en réduisant encore les patrouilles de l’armée en Irlande du Nord.
La suspension des patrouilles militaires de jour dans Belfast-ouest, secteur catholique nationalise dont le chef du Sinn Fein Gerry Adams est député, a été «autorisée après évaluation des risques par les services de renseignements», a commenté mercredi le chef de la police (RUC), le commissaire principal Ronnie Flanagan.
L’annonce a été suivie mardi soir d’incidents violents dans un quartier protestant de Belfast, après que l’unioniste extrémiste Ian Paisley eut accusé la police de «jouer le jeu de l’IRA» en transformant Belfast-ouest en «zone interdite» pour les forces de sécurité britanniques.
Le commissaire Flanagan a estimé que les incidents avaient été «orchestrés». Ils ne remettent aucunement en cause la décision contestée.
Dans les semaines suivant le cessez-le-feu, les patrouilles conjointes police-armée avaient déjà été supprimées en plusieurs points de la province.
Plus symbolique encore, Londres avait procédé la semaine dernière au premier retrait de troupes depuis la trêve, en rapatriant 250 parachutistes.
Ces gestes sont de nature à satisfaire les catholiques nationalistes, partisans du retrait britannique d’Ulster, et notamment les durs du Sinn Fein.
Il s’agit notamment pour Londres de montrer aux paramilitaires de l’IRA les dividendes concrets de leur cessez-le-feu, le plus scrupuleux jamais observé par les républicains.
Ce cessez-le-feu a permis l’entrée du Sinn Fein dans les pourparlers sur l’avenir de l’Ulster qui se tiennent à Belfast entre tenants et opposants du maintien de la province dans le Royaume-Uni.
Or, ces pourparlers déboucheront au mieux sur une plus grande autonomie de l’Ulster et un rôle exécutif limité pour Dublin dans ses affaires, mais en aucun cas à l’unification de l’Irlande.
Le Sinn Fein a donc fort à faire — et les gestes de Londres peuvent l’y aider — pour «vendre» à son aile militaire et à ses extrémistes un processus cahotant.
La patience de certains républicains est déjà épuisée, comme en témoignent des défections au cours des deux derniers mois dans les rangs de l’IRA et du Sinn Fein. Leur ampleur est cependant limitée, selon des sources républicaines, et ces mécontents affirment eux-mêmes n’avoir pas l’intention de rejoindre la dissidence armée.
Interrogé à ce sujet, le commissaire Flanagan a réitéré mercredi qu’il ne voyait pas dans ces dissensions de «danger immédiat» pour le cessez-le-feu, une opinion que partage la police irlandaise.
Le ministre britannique à l’Irlande du Nord Mo Mowlam a en outre annoncé un projet de loi destiné à lancer les prémices d’une transformation du RUC de «force de lutte antiterroriste» en «un service de police au service de la communauté».
Une telle réforme, en projet depuis le précédent cessez-le-feu de l’IRA (1994-96) et avortée après sa rupture, n’est concevable qu’après l’aboutissement du processus de paix. (AFP)
Le gouvernement britannique commence à tirer prudemment les enseignements du cessez-le-feu de l’IRA, décrété le 20 juillet, en rapatriant des militaires et en réduisant encore les patrouilles de l’armée en Irlande du Nord.La suspension des patrouilles militaires de jour dans Belfast-ouest, secteur catholique nationalise dont le chef du Sinn Fein Gerry Adams est député, a été «autorisée après évaluation des risques par les services de renseignements», a commenté mercredi le chef de la police (RUC), le commissaire principal Ronnie Flanagan.L’annonce a été suivie mardi soir d’incidents violents dans un quartier protestant de Belfast, après que l’unioniste extrémiste Ian Paisley eut accusé la police de «jouer le jeu de l’IRA» en transformant Belfast-ouest en «zone interdite» pour les forces de sécurité...