La Bulgarie n’a pas fait partie des pays de l’Est retenus pour adhérer à l’OTAN, mais des experts et producteurs militaires bulgares doivent se rendre prochainement au siège de l’OTAN afin de «connaître les subtilités et les mécanismes pour entrer dans les marchés de l’OTAN», a déclaré le vice-premier ministre et ministre de l’Industrie Alexandr Bojkov à l’issue d’une visite du secrétaire général adjoint de l’OTAN sur les armements Norman Ray.
«Les producteurs bulgares chercheront à coopérer avec d’autres producteurs en vue de compléter leur production» d’armements, a-t-il estimé.
Sujet tabou sous le régime communiste, l’industrie militaire rapportait environ 600 et 800 millions de dollars par an. A l’effondrement du communisme en 1989, cette industrie a été quasiment traitée de criminelle par la presse, puis les autorités ont reconnu courant 1991 qu’elle constituait, en raison de son bon niveau technologique, un des rares piliers sains d’une économie en déroute.
En matière d’armement, l’OTAN recommande aux Bulgares de coopérer avec des partenaires régionaux ou avec des pays de l’OTAN et propose la création d’une association de producteurs d’armements bulgares pour entrer en contact avec des associations homologues d’autre pays.
Pour M. Ray, qui a visité la principale entreprise militaire bulgare à Sopot (centre), les capacités bulgares peuvent être considérées comme «attrayantes» pour des investisseurs étrangers, avec comme points forts les communications et l’électronique, les armes légères et les missiles antichars et antiaériens.
Le gouvernement compte pour sa part privatiser l’an prochain les 22 meilleures entreprises parmi les 96 que compte l’industrie militaire, et les géants américains Lockheed Martin et Northrop Gruman se sont déclarés intéressés à investir dans l’industrie militaire bulgare.
Selon le journal «Continent», des offres de coopération dans l’industrie militaire ont été reçues de la Grèce, la Chine, l’Inde et Israël.
La Bulgarie, qui cherche à se faire une nouvelle image sur la scène internationale, a décidé de renoncer aux ventes d’armes aux partenaires traditionnels comme la Syrie et la Libye. Les embargos internationaux contre l’Irak et l’ex-Yougoslavie ont également contribué à la crise de ses exportations.
Les entreprises militaires se sont, pour leur part, retrouvées gravement endettées envers l’Etat qui a mis en place une économie du marché. Elles ont progressivement redressé la barre et le gouvernement a annoncé en 1994 que l’industrie militaire avait commencé à se ressaisir.
Si en 1988, 70% de la production de cette industrie étaient purement militaires, contre 30% de production civile, ce rapport est actuellement inversé, selon Bojidar Pentchev, chef du département Industrie de défense au ministère de l’Industrie.
Aucun chiffre récent sur le montant des exportations militaires n’a cependant été fourni. (AFP)

