La visite sans précédent au Caire du chef de l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA) John Garang vise à obtenir le soutien de l’Egypte face au régime «oppressif» de Khartoum, souligne mardi un communiqué de la SPLA.
«La visite historique du colonel Garang fait suite à une invitation en août dernier du président égyptien Hosni Moubarak», rappelle le communiqué selon lequel le chef de la SPLA «aura des entretiens officiels sur la situation politique au Soudan et d’autres questions d’intérêt commun».
Selon le texte distribué à la presse, la SPLA et ses alliés de l’opposition du nord «attachent une grande importance à cette visite, vu le rôle dirigeant assumé par l’Egypte» au sein du monde arabe et du continent africain.
«Nous espérons pouvoir compter sur l’appui officiel et populaire des Egyptiens à la lutte du peuple soudanais pour la justice, la démocratie, la paix et l’unité au Soudan, sur de nouvelles bases correctes, contre le régime brutal, oppressif et qui sème la division», affirme le communiqué de la SPLA.
«Ma première visite en Egypte est une bonne occasion pour affirmer mon engagement à réaliser la paix et la démocratie au Soudan ainsi que l’unité de son peuple et de son territoire, comme convenu entre toutes les forces politiques», a déclaré le colonel Garang à son arrivée lundi au Caire pour sa première visite dans la capitale égyptienne depuis qu’il dirige la guérilla sudiste soudanaise.
Il a ajouté qu’il souhaitait «rencontrer M. Moubarak pour lui transmettre une image complète des efforts de la SPLA pour réaliser la paix et l’unité au Soudan» et l’informer de «la situation dramatique vécue par le peuple soudanais au sud et au nord».
Le porte-parole de l’Alliance nationale démocratique (AND, qui regroupe l’opposition nordiste et la guérilla sudiste) au Caire, M. Farouk Abou Issa, a précisé que M. Garang resterait une semaine au Caire pour s’entretenir avec des responsables égyptiens, de la SPLA et de l’opposition soudanaise.
Selon les sources de la SPLA au Caire, une rencontre Moubarak-Garang aurait lieu «très prochainement».
Normaliser les relations
D’autre part, le chef de la diplomatie soudanaise Ali Osmane Mohammed Taha a affirmé que son pays déployait de sérieux efforts pour améliorer ses relations avec l’Etgypte, a rapporté hier la presse soudanaise.
M. Taha, qui intervenait lundi devant le Parlement, a ajouté que «des pas en avant sur la voie de la normalisation avec l’Egypte seront annoncés très prochainement», sans préciser leur nature.
«Laisser dans l’état ces relations sans chercher à les améliorer ne peut que porter atteinte aux intérêts stratégiques des deux pays», a dit M. Taha dans une déclaration de politique étrangère devant les députés soudanais.
Se référant à la rencontre en octobre au Caire du premier vice-président soudanais al-Zoubaïr Mohammad Saleh avec le président égyptien Hosni Moubarak, il a indiqué qu’elle faisait partie des tentatives pour normaliser les relations entre les deux pays.
A la suite de cette rencontre, M. Oussama al-Baz, conseiller politique de M. Moubarak, avait exprimé l’espoir de voir «cette réunion marquer le renforcement des relations entre les deux pays car nous croyons que nos relations avec le peuple soudanais sont très spéciales».
Les relations entre les deux pays sont mauvaises, Le Caire accusant le Soudan de servir de sanctuaire aux intégristes armés égyptiens.
Pour la première fois, dimanche, le président Moubarak a affirmé que l’appui de Khartoum aux intégristes avait diminué.
«Un rétablissement total des relations nécessite du temps et des efforts, il requiert un dialogue et des contacts entre les responsables des deux pays», a toutefois indiqué M. Taha.
A la suite de l’intervention de M. Taha, un parlementaire, M. Issam Ahmed al-Béchir, a proposé comme «geste de bonne volonté» d’annuler la nationalisation de la section soudanaise de l’Université du Caire, des écoles égyptiennes et de bâtiments appartenant au ministère égyptien de l’Irrigation à Khartoum.
Depuis 1993, le Soudan avait placé sous son contrôle les écoles égyptiennes établies de longue date au Soudan, puis la section à Khartoum de l’Université du Caire.
En 1994, plusieurs établissements appartenant au ministère égyptien de l’Irrigation avaient également été saisis par le gouvernement soudanais qui avait affirmé que «le contrat de location de ces établissements avait expiré». (AFP)


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