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Actualités - Chronologie

Rassurer, mot d'ordre de l'APEC sur fond de crise asiatique

Les dirigeants du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) tiennent leur sommet annuel lundi et mardi à Vancouver, soucieux de contenir la crise financière asiatique au moment où s’effondre la quatrième société de Bourse du Japon.
Yamaichi Securities a annoncé dimanche la cessation de ses activités en estimant ne pas pouvoir éviter la faillite du fait d’une carence de liquidités, d’affaires en régression et de scandales à répétition.
La nouvelle a aussitôt fait craindre que le Japon ne devienne le prochain «domino» dans la vague de turbulences qui agite l’Asie, déjà ébranlée par des problèmes monétaires et par la crise économique de la Corée du Sud.
Peu avant l’annonce de cette faillite, Bill Clinton s’était efforcé de rassurer les investisseurs tentés de céder à la panique face aux risques financiers venant d’Asie.
«J’estime que l’heure est à la confiance en l’avenir de l’Asie», a dit le président américain lors d’une conférence de presse. Et pour mieux afficher sa sérénité, il s’est joint à deux autres dirigeants pour une partie de golf sous la pluie.

Accord commercial pour créer la confiance

Au Japon, cependant, le ministère des Finances et la Banque centrale s’empressaient d’adopter des mesures pour assurer une procédure de liquidation ordonnée de Yamaichi et prévenir de nouveaux remous sur les marchés financiers internationaux. Les marchés japonais étaient fermés lundi, jour férié.
Les déboires financiers de l’Asie domineront à coup sûr les discussions des chefs d’Etat et de gouvernement des 18 membres de l’Apec à Vancouver, ville qui compte parmi les principales têtes de pont de l’Asie vers les riches marchés nord-américains.
L’état d’esprit qui s’observait à la veille de la réunion contrastait vivement avec celui des sommets précédents, où les leaders asiatiques étaient portés par une croissance économique que rien ne semblait devoir arrêter.
Lors de discussions bilatérales tenues dimanche, les ministres des Affaires étrangères et du Commerce de l’Apec ont fait un premier pas pour détendre l’atmosphère en convenant de supprimer les barrières commerciales dans certains secteurs qui représentent environ 6.500 milliards de dollars d’échanges.
Cet accord de libéralisation était attendu, mais on y voit un facteur appréciable de remise en confiance pour des «dragons» asiatiques comme la Corée du Sud, onzième économie mondiale qui s’est résignée vendredi à réclamer une aide d’urgence de 20 milliards de dollars au Fonds monétaire international (FMI).
Clinton a déclaré dimanche ne pas douter du rétablissement de la Corée du Sud, affirmant qu’on ne pouvait qu’être optimiste quant aux «perspectives à long terme» qui s’offrent à elle.
Les Américains ont toutefois fait comprendre que la crise asiatique n’empêcherait pas Washington de faire pression sur le Japon pour qu’il réduise avec plus de détermination l’énorme déséquilibre caractérisant ses échanges commerciaux avec les Etats-Unis. «Ce n’est pas le moment de reculer là-dessus», a dit le secrétaire au Commerce William Daley.

Sérénité de la Chine

Le président chinois Jiang Zemin n’a quant à lui fait aucune allusion à la crise dans un discours prononcé dimanche soir, estimant que la «prudence» économique de son pays le préserverait des tempêtes. «La situation en Chine est excellente», a-t-il souligné.
Les dirigeants de l’Apec devaient tenir à la fois des discussions collectives et bilatérales lundi. Clinton rencontrera Jiang Zemin, qui s’est rendu à Washington le mois dernier, et le premier ministre japonais Ryutaro Hashimoto.
L’instabilité asiatique a amené le premier ministre malaisien Mahathir Mohamad à dénoncer les dégâts qu’entraîne une confiance aveugle dans les forces du marché en matière de gestion économique. Attitude qu’il juge aussi préjudiciable que le centralisme et la planification des systèmes communistes.
«Cédez votre indépendance à ceux qui en savent plus que vous et vous deviendrez riches. Voilà le nouveau credo du marché», a-t-il dit devant un parterre d’hommes d’affaires. «Ainsi, le transfert de pouvoir d’un gouvernement omniscient vers les forces du marché est maintenant aussi extrême que le furent le communisme et le socialisme des années passées».
Dans le cadre d’une manifestation en faveur des droits de l’homme et de revendications sociales, quelque 2.000 personnes ont défilé dimanche dans les rues de Vancouver jusqu’au centre de conventions où se réunissaient les représentants de l’Apec. Par leur «sommet du peuple», les manifestants entendaient défendre une série de causes allant des droits des ouvriers à la défense de l’environnement et aux dangers du libre-échange. Ils réclamaient aussi davantage de liberté en Chine, en Indonésie, au Tibet, au Sri Lanka et en Birmanie.
L’Apec regroupe l’Australie, le Bruneï, le Canada, le Chili, la Chine, Hong Kong, l’Indonésie, le Japon, la Corée du Sud, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Philippines, Singapour, Taïwan, la Thaïlande et les Etats-Unis. (Reuters)
Les dirigeants du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) tiennent leur sommet annuel lundi et mardi à Vancouver, soucieux de contenir la crise financière asiatique au moment où s’effondre la quatrième société de Bourse du Japon.Yamaichi Securities a annoncé dimanche la cessation de ses activités en estimant ne pas pouvoir éviter la faillite du fait d’une carence de liquidités, d’affaires en régression et de scandales à répétition.La nouvelle a aussitôt fait craindre que le Japon ne devienne le prochain «domino» dans la vague de turbulences qui agite l’Asie, déjà ébranlée par des problèmes monétaires et par la crise économique de la Corée du Sud.Peu avant l’annonce de cette faillite, Bill Clinton s’était efforcé de rassurer les investisseurs tentés de céder à la panique face aux...