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Actualités - Chronologie

Emploi : les quinze veulent prendre un nouveau départ

Les dirigeants européens s’apprêtaient hier à prendre un «nouveau départ» dans leur lutte contre le chômage en arrêtant une stratégie commune pour l’emploi assortie de quelques objectifs limités mais concrets.
La présidence luxembourgeoise de l’Union européenne a soumis un projet de compromis qui devrait former la base d’un accord, les deux pays les plus divergents sur ce dossier — la France et l’Allemagne — l’ayant bien accueilli.
«Je suis très optimiste sur la capacité du sommet à parvenir à un accord», a déclaré le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, ajoutant qu’il faudrait quelques réglages.
«Face à ce défi auquel il n’existe pas de réponse simple, le Conseil européen d’aujourd’hui — pour la première fois entièrement consacré au problème de l’emploi — veut marquer un nouveau départ pour la réflexion et l’action des Etats membres», souligne son texte déjà passé au crible des experts.
«La question de l’emploi est au cœur des préoccupations du citoyen européen et tout doit être mis en œuvre pour lutter contre le chômage dont le niveau inacceptable menace la cohésion de nos sociétés», peut-on lire dans ce document de 22 pages.
Les Quinze sont prêts à se fixer des objectifs européens «décidés en commun, vérifiables et régulièrement mis à jour» pour offrir une nouvelle chance aux jeunes et aux chômeurs de longue durée ainsi qu’en matière de formation.
Ces «lignes directrices» seront traduites dans des «plans nationaux d’action» qui seront présentés en juin prochain au sommet européen de Cardiff et dont le respect serait examiné pour la première fois en décembre 1998 à Vienne.
L’Union européenne inaugurera ainsi une méthode de «surveillance multilatérale» qui s’inspire directement de l’expérience acquise dans le cadre de l’Union économique et monétaire (UEM), mais sans sanctions réelles à la clé.
La France, qui avait demandé la convocation de ce sommet en juin dernier après l’arrivée au pouvoir des socialistes, s’est montrée satisfaite de la mise en place de ce mécanisme, même si le gouvernement aurait préféré des objectifs plus ambitieux.
«Ainsi, aux critères de Maastricht touchant la monnaie unique s’ajouteraient les objectifs de Luxembourg visant la croissance et l’emploi», a déclaré le premier ministre français Lionel Jospin, selon le texte de son intervention.
«Notre travail n’est pas achevé avec la réunion d’aujourd’hui», a-t-il ajouté. «Au contraire, je considère qu’elle constitue le point de départ d’un processus nouveau».
Le chancelier Helmut Kohl, dont le pays s’est battu pour éviter l’affichage d’objectifs ambitieux qui risqueraient d’entraîner des dépenses, s’est lui aussi montré optimiste.
«Je pense que nous aurons un bon résultat», a-t-il déclaré à la télévision allemande Pro-7.
Les Quinze, dont les experts ont travaillé sur ce texte dans la nuit de jeudi à vendredi, sont prêts à anticiper dès 1998 l’entrée en vigueur du chapitre sur l’emploi du traité d’Amsterdam sans attendre sa ratification par les Parlements.
Ce projet est loin des propositions initiales présentées en octobre dernier par la Commission européenne, qui avait suggéré des mesures susceptibles selon elle de créer 12 millions d’emplois et de réduire le chômage de 10,6 à 7%.
Tous les jeunes, qui se retrouvent au chômage depuis six mois, devraient se voir offrir dans les cinq prochaines années «un nouveau départ» qui se ferait «sous forme de formation, de reconversion, d’expérience professionnelle, d’emploi ou de toute autre mesure propre à favoriser son insertion professionnelle».
Les adultes devraient, quant à eux, se voir offrir les mêmes mesures ou «un accompagnement individuel d’orientation professionnelle avant qu’ils n’aient été 12 mois au chômage».
Enfin, la formation, qui ne touche actuellement que 10% des chômeurs en moyenne dans l’UE, devrait être accrue pour améliorer l’employabilité et les Quinze devraient se fixer pour but d’atteindre un niveau proche des trois meilleures performances de l’UE, ce qui représente un taux «d’environ 25%».
La formulation retenue évite tout carcan pour les «lignes directrices» européennes pour faire reculer le chômage qui seront coulées dans des «plans d’action nationaux pour l’emploi» que traduiront des mesures réglementaires.
Les Quinze insisteront également sur la nécessité de renverser la nette tendance à l’augmentation des charges qui pèsent sur le travail peu qualifié.
L’organisation du travail est abordée par la référence aux «formules souples de travail» grâce à des accords sur «l’annualisation du temps de travail, la réduction du temps de travail, la réduction des heures supplémentaires, le développement du temps partiel, la formation «tout au long de la vie» et les interruptions de carrière».
Le texte souligne enfin que la Banque européenne d’investissement (BEI) est prête à mobiliser 10 milliards d’écus pour les PME actives dans les nouvelles technologies, l’UE mobilisant quant à elle 450 millions d’écus sur trois ans. (Reuters)
Les dirigeants européens s’apprêtaient hier à prendre un «nouveau départ» dans leur lutte contre le chômage en arrêtant une stratégie commune pour l’emploi assortie de quelques objectifs limités mais concrets.La présidence luxembourgeoise de l’Union européenne a soumis un projet de compromis qui devrait former la base d’un accord, les deux pays les plus divergents sur ce dossier — la France et l’Allemagne — l’ayant bien accueilli.«Je suis très optimiste sur la capacité du sommet à parvenir à un accord», a déclaré le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, ajoutant qu’il faudrait quelques réglages.«Face à ce défi auquel il n’existe pas de réponse simple, le Conseil européen d’aujourd’hui — pour la première fois entièrement consacré au problème de l’emploi — veut...